Les dernières règles de l’Assurance chômage n’ont toujours pas été validées par le gouvernement, que ce dernier en veut déjà de nouvelles... Dans son interview au journal de 20 heures de TF1, le 27 mars, le Premier ministre a annoncé une réforme de l’Assurance chômage pour cet automne. Gabriel Attal entend surtout diminuer la durée de l’indemnisation, actuellement de 18 mois, «de plusieurs mois», sans descendre en dessous de 12, a-t-il précisé. La réforme de 2023 avait déjà réduit la durée d’indemnisation, de 24 à 18 mois, en raison d’une bonne conjoncture sur le front de l’emploi. Cette fois, c’est la conjoncture morose qui imposerait de la diminuer...
Dans l’après-midi du 27 mars, la ministre du Travail Catherine Vautrin avait justifié la réforme à venir par un contexte très différent entre novembre et mars, avec notamment une dégradation de l’emploi et un ralentissement de l’économie. Mais aussi un déficit public nettement plus important que prévu, de 5,5% du PIB en 2023.
Selon le gouvernement, durcir l’indemnisation chômage devrait pousser les demandeurs à retrouver plus vite le chemin de l’emploi. Un moyen à la fois de faire des économies pour le régime d’assurance chômage – même si un chômeur sur deux n'est pas indemnisé – et d’engranger davantage de cotisations et impôts. Car le gouvernement maintient son objectif de passer sous les 3% de déficit public d’ici 2027. Sans augmenter les impôts, mais en faisant «en sorte qu’il y ait plus de Français qui travaillent, parce que c’est des recettes supplémentaires», a indiqué Gabriel Attal.
Les partenaires sociaux bousculés
Autres pistes de réforme de l’Assurance chômage : revoir les conditions d’éligibilité – elles sont déjà passées, en 2021, de 4 à 6 mois de travail, mais aussi le montant de l’indemnisation. Sans aller jusqu’à durcir la dégressivité de l’allocation chômage, mise en place en 2021 pour les plus hauts revenus, solution qui «n’a pas [la] préférence» du Premier ministre. Les partenaires sociaux recevront dès cet été une lettre de cadrage leur détaillant les attentes du gouvernement. Ils viendront à peine de boucler leur dernière réforme de l’Assurance chômage, la fin de la négociation en cours étant prévue le 8 avril.
La convention sur laquelle ils se sont mis d’accord en novembre n’a toujours pas été validée par l’Etat, qui exige un avenant sur les seniors afin de tenir compte de la réforme des retraites. L’avenant est en cours d’élaboration, il repoussera de deux ans l’âge à partir duquel un chômeur senior a droit à une indemnisation plus longue. La convention 2023 devrait être approuvée avant l’été, pour quelques mois, donc, puisque que lui succédera une nouvelle convention dès l’automne.
S'attaquer aux trop nombreux morts au travail
Parmi les autres annonces du premier ministre, il entend s’attaquer enfin aux accidents du travail, notamment aux accidents mortels. «On a trop de Français qui meurent au travail» a estimé Gabriel Attal, rappelant qu'on en compte deux par jours dans le pays. Un sujet sur lequel la France fait partie des mauvais élèves, mais sur lequel s’expriment rarement les hommes politiques. Il annonce «une grande initiative» sur le sujet, réunissant l’ensemble des «parties prenantes», pour avancer un grand coup.
Pour «désmicardiser» la France, le gouvernement attend, avant de prendre des décisions, le rapport sur les trappes à bas salaires que doivent lui remettre, en juin, deux économistes. Une remise à plat des allègements de cotisations et des seuils d'aides pourrait suivre, afin que les salariés payés au Smic n'y restent pas toute leur vie.
Revoir l'interview du Premier ministre en intégralité :



