Voiture électrique, exploration des fonds marins, lanceurs spatiaux, médicaments … Lancé en octobre 2021, le plan France 2030 se voulait une réponse au déclin industriel tricolore et un instrument pour créer les champions industriels de demain autour de dix «grands défis» identifiés ainsi que cinq thématiques plus larges. Deux ans plus tard, l’Elysée veut aller plus loin.
Lors d’un déplacement à Toulouse chez Airbus, le président de la République Emmanuel Macron devrait annoncer lundi 11 décembre devant des lauréats de France 2030, le lancement de «quatre à huit» nouveaux défis à relever pour le plan, qui s’ajouteraient à la liste des thématiques déjà existante. Selon Les Echos, France 2030 pourrait ainsi étendre son champ aux processeurs pour l’intelligence artificielle.
25 milliards d'euros engagés sur une enveloppe de 54 milliards
Pour l’exécutif, l’instrument a fait ses preuves. «France 2030 a démontré que nous pouvions passer de "ça ne marchera jamais" à "ça va marcher". Nous avons réussi à redonner confiance», se félicite Bruno Bonnell, le secrétaire général à l’investissement. Sur les 54 milliards d’euros de l’enveloppe initiale, 25 milliards d’euros ont déjà été engagés dans près de 3200 projets regroupant 3500 lauréats au total, dont presque la moitié (46%) de start-up, PME et ETI. Et la barre de 27 milliards d’euros engagés devrait être atteinte d’ici la fin de l’année, estime le SGPI, tout en respectant un taux de sélectivité de près de 30% des dossiers. Une partie significative des fonds ayant été fléchés vers l’industrialisation de technologies innovantes - et plus seulement les étapes de R&D – près de 65% des fonds devraient irriguer les régions hors Ile-de-France.
Sur les premiers objectifs fixés pour positionner la France parmi les pays qui comptent en matière d’innovation et de production de technologies vertes, le secrétariat aux investissements pointe des résultats tangibles. Huit biomédicaments sont désormais produits en France, sur un objectif de vingt, contre cinq fabriqués sur le territoire en 2021. Les financements apportés par France 2030 à des projets de construction de véhicules électriques permettent de sécuriser sur le papier 1,5 des 2 millions de véhicules électriques fabriqués en France visés par Emmanuel Macron à l’horizon 2030. Les projets sélectionnés garantissent aussi en l’état l’autonomie du pays pour ses besoins en batteries électriques et 20% de ses besoins en lithium. Dans l’hydrogène, 1,7 des 6,5 gigawatts prévus à l’horizon 2030 sont aussi lancés, tandis que 16 projets de micro-lanceurs ont été soutenus dans le domaine spatial.

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Une cellule de veille pour anticiper de nouvelles technologies à maîtriser
Les résultats vont devoir encore se confirmer. A l’été, 4,1 milliards d’euros ont été versés réellement aux entreprises. Les décaissements se font au fur et à mesure que les entreprises franchissent les différentes étapes de leurs projets. A partir de janvier 2024 doivent commencer les premières évaluations des lauréats sur le respect de leurs objectifs intermédiaires. En l’absence d’avancées, certains projets pourraient être stoppés.
Sans attendre, France 2030 a déjà commencé à faire évoluer ses objectifs. Ces derniers mois, le secrétariat général s’est doté d’une cellule de veille et de prospective chargée de surveiller l’émergence de nouveaux domaines d’innovations de rupture et évaluer le positionnement des acteurs français par rapport à leurs challengers internationaux. De quoi éventuellement réorienter l'intervention de l'Etat. Cet été, il a déjà dégagé une enveloppe de 100 millions d’euros pour soutenir des projets d’innovation sur l’eau, que ce soit pour la recherche des pertes des réseaux, de nouvelles techniques de retraitement ou des membranes filtrant des PFAS.
France 2030 prévoit désormais d’accélérer sur l’intelligence artificielle, en renforçant les fonds disponibles pour la création de formations dans le domaine, et particulièrement en IA générative. Une centaine de millions d’euros devraient aussi être fléchés vers des actions d’attractivité des carrières dans les secteurs mathématiques et scientifiques en direction des jeunes. L’afflux de dossiers reçus aux appels à projets nucléaires, dont les petits réacteurs SMR, a par ailleurs surpris l’administration, qui prévoit une augmentation des moyens consacrés à ces enjeux.
Même si la souplesse fait la force de France 2030, le lancement de nouveaux défis à financer augmente le risque de saupoudrage des moyens restants. Un écueil traditionnel des politiques d’innovation françaises. Pour l’instant, France 2030 n’a pas encore indiqué à quoi il renonçait.



