La crise du sanitaire fait bouger les lignes du plus important indice boursier français. Après Teleperformance en juin (qui a pris la place de Sodexo), Alstom va faire son retour au CAC 40, à la place du groupe d'hôtellerie Accor, a annoncé le spécialiste des équipements ferroviaires français dans un communiqué le 11 septembre. L'industriel avait été exclu de la célèbre place financière en 2016, au profit de Sodexo.
Une entrée décidée par la comité des indices Euronext, qui survient alors que le champion du matériel ferroviaire a obtenu le feu vert des instances européennes en juillet dernier dans son projet de rachat de la division rail du constructeur canadien Bombardier.
Un chiffre d'affaires en net recul, mais un carnet de commandes prometteur
Comme de nombreuses entreprises, Alstom a souffert de la crise sanitaire liée au Covid-19. En net recul au premier semestre 2020, son chiffre d'affaires s'établit à 1,5 milliard d’euros (contre 2,1 milliards d'euros l'année dernière), en baisse 27 % (-25 % à périmètre et taux de change constants).
Mais le groupe a sauvé les meubles grâce à une embellie des commandes au cours du premier semestre. Alstom a enregistré 1,7 milliard d'euros de commandes sur les 6 premiers mois de l'année, contre 1,6 milliard d’euros sur la même période en 2019.
Feu vert des autorités européennes pour le rachat de Bombardier
Le 31 juillet, la Commission européenne a approuvé le rachat de la branche ferroviaire de Bombardier par le groupe français. Un arbitrage en faveur d'Alstom, mais sous réserve que ce-dernier réalise certaines concessions. Parmi les sacrifices consentis : la cession du site de production de Reichshoffen, situé dans le Bas-Rhin, qui produit les trains régionaux Coradia Polyvalent et emploie environ 800 personnes, ainsi que la vente de Coradia Polyvalent.
Alstom veut un acheteur "solide" pour le site alsacien, avait insisté son PDG Henri Poupart-Lafarge le 22 juillet dernier, répondant aux inquiétudes des 800 salariés et des syndicats. Selon certaines sources proches du dossier, trois concurrents européens d’Alstom seraient en bonne place pour reprendre Reichshoffen.
Le rachat de la division rail du groupe canadien, lourdement endettée, pour un montant de 6,2 milliards d'euros, doit faire d'Alstom le numéro deux mondial du ferroviaire. Et lui permettre de faire face à la concurrence chinoise, incarnée par le groupe CRRC.
Des commandes évaluées à 73 milliards d'euros
Le carnet de commandes actuel du champion du rail, estimé à 41 milliards d'euros, lui offre une visibilité sur 3 à 6 ans, d'après ses calculs. A ce montant s'ajoute celui de son promis canadien, qui culmine à 32 milliards. Parmi les contrats dans les tuyaux du géant ferroviaire, on peut citer le renouvellement des trains régionaux d'Ile-de-France, qui devrait lui rapporter 19 milliards d'euros.



