«Aujourd'hui marque un moment décisif pour l'Europe et pour la sécurité des Européens. Aujourd’hui, nous avançons résolument vers une Europe de la défense plus forte et plus souveraine», a déclaré Antonio Costa, président du Conseil européen, jeudi 6 mars, à l’issue d’un sommet réunissant les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union européenne (UE). Alors que le président américain Donald Trump menace de réduire l'engagement sécuritaire des États-Unis sur le continent, les dirigeants européens ont approuvé à l’unanimité le plan «ReArm Europe» (Réarmer l’Europe), présenté le 4 mars par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.
800 milliards d'investissements prévus
Le feu vert est ainsi donné à un nouveau plan d’investissement de 800 milliards d’euros pour renforcer les capacités de défense de l’Europe. Celui-ci prévoit notamment l’activation de la clause de sauvegarde nationale du Pacte de stabilité : elle permet aux États membres d’augmenter leurs budgets de défense sur les quatre prochaines années, sans que cela soit pris en compte dans le calcul de leur déficit. D’après la Commission, cette flexibilité budgétaire pourrait générer 650 milliards d’euros de dépenses supplémentaires d’ici 2030.
En complément, la Commission a proposé de mettre à disposition des gouvernements un prêt de 150 milliards d’euros pour financer en commun certains investissements. Les dirigeants européens ont accepté le principe du mécanisme financier, mais demandent des précisions sur son fonctionnement. Par ailleurs, la Banque européenne d’investissement (BEI) est appelée à adapter «en urgence» ses règles afin de pouvoir financer l’acquisition d’équipements militaires.
La défense antiaérienne et les drones parmi les priorités
Dans les conclusions adoptées à l’issue de la réunion, les dirigeants européens ont également identifié plusieurs priorités d’investissement, parmi lesquelles : la défense antiaérienne et antimissiles, les drones, les capacités de frappe en profondeur, les technologies spatiales ou encore l’intelligence artificielle appliquée à la défense et la cybersécurité.

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Pour optimiser ces investissements, les Vingt-Sept se sont engagés à mettre l’accent sur les achats en commun, afin de réduire les coûts et d’harmoniser les équipements. Ils entendent aussi privilégier les fournisseurs européens, pour renforcer les capacités industrielles du continent. Pas de trace, à ce stade, de la «préférence européenne» réclamée par la France en la matière. Celle-ci pourrait néanmoins faire surface au moment des discussions législatives concernant l’emploi des 150 milliards d’euros de prêts européens.
Une simplification réclamée pour les entreprises de la défense
Pour renforcer la réactivité du secteur, le Conseil européen a exhorté en outre la Commission à présenter un «omnibus de simplification» dédié à la défense. Les Vingt-Sept souhaitent ainsi alléger le cadre juridique et administratif, notamment en matière de marchés publics, de coopération industrielle, d’autorisations et d’exigences de reporting, y compris pour les PME et les entreprises de taille intermédiaire.
Enfin, les leaders européens ont demandé à Ursula von der Leyen de compléter ce plan à 800 milliards d’euros avec «des propositions et options supplémentaires» pour augmenter encore les financements et renforcer la base technologique et industrielle de la défense européenne. Certaines de ces pistes pourraient être dévoilées dans le Livre blanc sur la défense, que la Commission doit présenter mercredi 19 mars.



