Les enjeux de la réouverture des négociations commerciales dans l'agroalimentaire

Désireux de préserver « l’ensemble des maillons de la chaîne alimentaire », le gouvernement a engagé une réouverture des négociations commerciales. Le 18 mars, distributeurs, industriels et agriculteurs ont pris part à une première réunion.

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Les distributeurs devront "préserver leur modèle, tout en évitant une inflation à outrance" selon le ministère de l'Agriculture.

Trois semaines après la clôture des négociations commerciales, une première réunion consacrée à leur réouverture s’est déroulée, vendredi 18 mars, sous la houlette du ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation et du ministère de l’Economie, des Finances et de la Relance. Objectif : s’adapter aux tensions induites par l’impact de la guerre en Ukraine. « Compte tenu de la modification substantielle des conditions économiques, les distributeurs doivent adapter les contrats les liant à de nombreux fournisseurs », avait annoncé, mercredi 16 mars, Julien Denormandie, ministre de l’Agriculture, dans le cadre du plan de résilience présenté par le gouvernement.

Achevées le 1er mars, les négociations commerciales, entre les industriels et les distributeurs s’étaient conclues par une hausse des prix comprise entre 3% et 4% en moyenne selon les produits. Une inflation essentiellement liée à la répercussion de la hausse du prix des matières premières. Les industriels demandaient déjà, fin février, une augmentation de 7 à 8% des prix pour prendre en compte la hausse du prix de l'énergie. Un point sur lequel le cabinet de Julien Denormandie se veut rassurant : « La loi Egalim 2 a étendu les renégociations à l’énergie, les transports et à l’emballage ». Une clause de révision des prix en cas de forte variation des coûts avait été prévue par ce texte adopté en octobre dernier.

Les négociations sont rouvertes pour une période d’un mois, avec, en parallèle, une réunion réunissant ministres, industriels et distributeurs chaque semaine. Dans chaque ministère concerné, on prône la « transparence ». Ainsi, les industriels devront faire preuve d’une totale transparence sur les impacts financiers de la guerre. « Les distributeurs doivent préserver leur modèle, tout en évitant une inflation à outrance », juge-t-on à Bercy. A l’issue de la première réunion de ce matin, « un changement de paradigme et de comportements » a été constaté chez certains d’entre eux, se félicite-t-on au ministère de l’Agriculture.

Les distributeurs sous surveillance

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Certaines catégories de produits sont déjà concernées par ces nouvelles négociations. « Des renégociations sont déjà en cours sur les marques de distributeurs et sur la volaille », observe le cabinet d’Agnès Pannier-Runacher, ministre chargée de l’Industrie. Les équipes de chaque ministère entendent se montrer vigilantes quant au comportement des distributeurs, rappelant par ailleurs que la communication publique de noms d’entreprises constitue, en soi, une sanction (le fameux « name and shame ») : « Côté enseignes, on saura mettre en avant l’effet d'entraînement des enseignes vertueuses. Il y a une très forte pression mise sur les distributeurs », souligne-t-on du côté du ministère de l'Agriculture.

Parmi les sujets en suspens figure celui des commandes passées pour la restauration collective. « Dans le plan de résilience, l’Etat entend être exemplaire pour répercuter les hausses. Les collectivités, elles, sont maîtresses de leur politique », souligne-t-on au ministère de l’Agriculture. Une réunion du Conseil national de la restauration collective sera consacrée, dans les prochains jours, à cette thématique.

Franck Stassi avec Adeline Haverland

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