Les négociations commerciales débouchent sur une hausse des prix de l’alimentaire

Pour la première fois en huit ans, les prix de l'agroalimentaire vont augmenter. Les négociations commerciales qui se sont terminées le 1er mars, marquent une hausse des prix de l'ordre de 3 à 4% selon les produits. Des chiffres qui restent tout de même bien loin des attentes des industriels.

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Une inflation des prix de l'agroalimentaire de 3 à 4% a été actée lors des négociations commerciales.

Effets de la loi Egalim 2 conjugués à la flambée des cours des matières premières agricoles : les prix de l'agroalimentaire vont augmenter en 2022. Les négociations commerciales qui réunissent les acteurs de la distribution et de la transformation se sont refermées mardi 1er mars sur une inflation de l'ordre de 3 à 4%, selon les produits.

Cette hausse est le résultat de négociations très tendues entre les différents acteurs de la filière agricole. Quelques heures avant la fin des discussions, nombreux étaient les industriels, à l'image de Lactalis, à ne pas avoir signé avec l'ensemble des enseignes de distribution. « A l'heure actuelle, les discussions n'ont pu aboutir qu'avec Lidl » précisait, le 28 février dernier, Jean Marc Bernier, nouveau directeur général France du géant laitier.

Tensions sur la prise en compte des coûts industriels

Les négociations entre industriels et distributeurs se sont notamment heurtées à la prise en compte de l'augmentation du tarif de l'énergie, de la logistique et des emballages. Les matières premières agricoles, protégées par la loi Egalim 2, n'ont pas été négociées. Face à cette situation de blocage, à la veille de la clôture des discussions, plusieurs industriels de l'agroalimentaire se sont plaints d'être devenus la variable d'ajustement des distributeurs.

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Pour faire face à l'explosion des coûts de production, ils demandaient une augmentation de l'ordre de 8 à 10%. « Une augmentation de 4% correspond à la hausse du prix des matières premières. Depuis Egalim 2, cette part n'est plus négociable. Résultat, les distributeurs font désormais pression sur les transformateurs qui sont devenus la variable d'ajustement » déplore Jean-Philippe André, président de l'Association nationale des industries agroalimentaires (Ania). 

Un autre point de blocage résiderait dans la clause de révision automatique. Prévue par Egalim 2, cette disposition prévoit un ajustement des prix en fonction des variations du cours des matières premières. Dans le contexte de forte volatilité des cours, liée en partie à la guerre en Ukraine, « ce dispositif a été assez peu anticipé par les acteurs » regrette un représentant du ministère de l'Agriculture.

Un nombre de signatures en baisse

L'ensemble de ces conditions ont poussé certains industriels à ne pas signer. Selon les chiffres communiqués par le ministère, le taux de signature est en baisse par rapport à 2021. Il s'établit à 80% pour la plupart des enseignes. Deux enseignes, dont les noms n'ont pas été cités, affichent un taux d'accord d'à peine 50%. Du côté de la Coopération agricole, quelques heures avant la clôture des négociations commerciales, son président Dominique Chargé évoquait le chiffre de 5 à 10% de dossiers problématiques.

Selon le ministère de l'Agriculture, l'essentiel des contrats a été signé dans les dernières heures des négociations. « 80% des accords concernent les PME », ajoute un porte parole de la rue de Varenne à Paris. La situation dans les grands groupes est plus complexe. Bien que les noms n'aient pas été communiqués, Thierry Dahan, le médiateur des relations commerciales et agricoles, confirme que 60 dossiers sont en cours de résolution, un chiffre en hausse de 20% par rapport à 2021. 

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