S’il doit y avoir un retour à la normale, il prendra du temps selon les chefs d’entreprise. Spécialiste des études économiques, le groupe Xerfi a interrogé un bon millier de dirigeants français* sur la crise du Covid-19. Une majorité d’entre eux alertent sur les difficultés de trésorerie qui les attendent après le déconfinement.
Pas de reprise avant juillet 2021 ?
Dans l’industrie et la construction, seuls 5,5 % des dirigeants constatent pour l’instant des problèmes de trésorerie. Leur nombre pourrait grimper dans les semaines à venir. 62 % anticipent effectivement des difficultés financières avant la fin de l’année 2020, notamment avec l’allongement des délais de paiement de leurs clients. Dans l’ensemble des secteurs, ce taux s’élève à 60 %.

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Selon Xerfi, la plupart des chefs d’entreprise se montrent pessimistes sur la trajectoire de la reprise. “La toute première condition qui risque de faire défaut au moment de la reprise est assurément une demande insuffisante ou contrainte de la clientèle. [...] C’est seulement à horizon de 15 mois (juillet 2021) que 9 0% des entreprises imaginent pouvoir retrouver la totalité de leurs capacités de production”, souligne le cabinet.
Activité réduite pour 71 % des entreprises
Sans surprise, une bonne partie des dirigeants rapportent une production ralentie, quand elle n’est pas arrêtée. Dans le secteur de l’industrie et de la construction, 71 % des chefs d’entreprise et managers ont réduit leurs activité. Et encore 6,5 % d’entre eux ont arrêté complètement leur activité jusqu’à nouvel ordre.
Le plus souvent, ces débrayages sont liés à un manque de demande ou parce que les dirigeants veulent éviter d’exposer leurs collaborateurs. Le refus de travailler des salariés ou l’absence de recommandations officielles sur la reprise de l’activité apparaissent également souvent dans les réponses des managers. Xerfi confirme également les ralentissements liés aux difficultés d’approvisionnement : 57 % des dirigeants de l’industrie et de la construction ont constaté ce problème.
Les absences pour gardes d’enfant restent marginales
L’industrie représente aussi le deuxième secteur le plus concerné par le chômage partiel, derrière le commerce-transport-hébergement-restauration : 82 % des dirigeants interrogés ont fait une demande en cours ou déjà acceptée. Xerfi note ainsi que ce dispositif d’aide mis en place par l’État concerne la moitié de l’ensemble des salariés de la sphère marchande (hors agriculture).
Dans l’ensemble des secteurs, entre le chômage partiel et le télétravail, seule une minorité des salariés travaillent comme d’habitude, remarque Xerfi. Une statistique intéressante : les absences liées à la garde d’enfants restent marginales (4 %) de la même manière que les licenciements et les arrêts maladie imputables au Covid-19 (seulement 1 %). Les plans d’économies massives dans les tiroirs des plus grandes entreprises laissent toutefois craindre une progression des suppressions d’emploi.
*Méthodologie : Xerfi a mené son enquête sur 1 130 managers et dirigeants d’entreprise entre le 24 et 30 avril 2020. Les répondants viennent d’entreprises françaises de tous les secteurs d’activité (hors agriculture).



