La rémunération des dirigeants français se rapproche un peu plus des années pré-Covid. Après les sommets atteints en 2021, la rémunération totale moyenne des dirigeants des 120 plus grandes entreprises cotées en France (SBF 120) en 2022 est en baisse de 6% par rapport à 2021. Chiffrée à 4,2 millions d’euros, elle est toutefois supérieure de 14% par rapport à 2019 et demeure à «un niveau bien supérieur aux moyennes historiques», selon la 24e édition de l’étude de Proxinvest, publiée le 21 novembre.
La baisse apparaît particulièrement lorsque l’on s’intéresse au top 5 des plus grandes rémunérations. En 2021, le «plus fort montant jamais observé pour un dirigeant» atteignait 66,7 millions d’euros de revenus pour le directeur général de Stellantis, Carlos Tavares – un montant, majoritairement composé d'actions – qui avait d'ailleurs levé un vent de révolte parmi actionnaires du géant automobile. Celui-ci figure désormais au troisième rang du classement avec 19,6 millions d’euros, tout en restant extrêmement proche du deuxième dirigeant du top 5, Daniel Julien, président de Teleperformance, leader mondial des centres d’appels, dont la rémunération est quasiment la même que l’année dernière.
Quant à la première place, c’est un habitué du classement qui s’en empare : Bernard Charlès, PDG de Dassault Systèmes, avec une rémunération de 33 millions d’euros en 2022, en baisse par rapport à 2021 avec 44,1 millions d’euros. François-Henri Pinault, PDG de Kering, passe de la quatrième à la cinquième place avec 13,7 millions d’euros, laissant son ancien classement à un nouveau venu : Philippe Guillemot, PDG de Vallourec depuis mars 2022. «Cela est dû à une rémunération extraordinaire parce qu’il a été recruté pour redresser Vallourec», commente Jehanne Leroy, responsable de l’étude. Le PDG du fabricant de tubes en acier a touché 15 millions d’euros, dont 13,5 millions d’actions de préférence.
Une part actionnariale «source de dérives»
Le rapport de Proxinvest prend en compte l’ensemble des types de rémunération : fixe, bonus variable, avantages en nature, actions, options et autres. Mais un type en particulier semble être plus important que les autres : la part actionnariale. «La valeur moyenne des attributions (options/actions) augmente de 27,5% dans le SBF par rapport à 2019», indique l’étude. Cependant, elle montre aussi que «la part des dirigeants bénéficiant d’options disparait au profit des actions». Seulement 9% des dirigeants du SBF 120 bénéficient d’options, alors que 78% d’entre eux bénéficient d’actions. «Avec les actions gratuites, les dirigeants sont plutôt toujours gagnants. Les options étaient un meilleur moyen d’alignement avec la performance», souligne Jehanne Leroy.

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C’est ce qui apparait dans le classement. Le PDG de Dassault Systèmes se voit donc attribuer des actions à hauteur de 29,9 millions d’euros, le «package le plus élevé du SBF 120». Daniel Julien, deuxième du classement et le dirigeant qui a «l’écart de rémunération avec les salariés le plus important du CAC 40», touche 14,7 millions d’euros par l’attribution d’actions de performance. Si l’attribution d’actions touchée par Carlos Tavares (10,1 millions d’euros) est inférieure à celle de Philippe Guillemot, quatrième du top 5 (13,5 millions d’actions de préférence), une partie (25%) de celle-ci ne repose sur aucune condition de performance.
Proxinvest a également mesuré le ratio d’équité dans les entreprises du CAC 40. Ce chiffre correspond au rapport entre la rémunération moyenne des dirigeants du CAC 40 et la rémunération moyenne de leurs salariés. De 110 en 2021, il a baissé à 89 en 2022. Il est toutefois en hausse par rapport à 2019 (73), et si l’on exclut 2021, il est le plus élevé depuis 9 ans.



