Carlos Tavares évite le boulet de canon. Jeudi 13 avril, les actionnaires de Stellantis ont approuvé à 80,4% le salaire du directeur général: une paye de 14,9 millions d’euros pour 2022, à laquelle il faut ajouter un plan de rémunération en actions. Quelques jours avant le vote, plusieurs agences s’étaient exprimées contre une telle enveloppe, l’estimant trop élevée en comparaison des autres dirigeants du secteur automobile. Des arguments qui n’ont visiblement pas suffi à infléchir le vote.
Ce feu vert permet à Stellantis d’éviter une nouvelle scène de malaise. Lors de la précédente assemblée générale, les investisseurs avaient voté majoritairement contre le salaire de Carlos Tavares. Un camouflet qui avait accentué la polémique sur le partage de la valeur au sein du groupe aux 14 marques, en pleine campagne présidentielle.
Stellantis dit défendre la «méritocratie»
Le président du conseil d’administration, John Elkann, s’est félicité d’un vote «largement positif» témoignant de l’adhésion des actionnaires «au principe de la méritocratie». «Notre rapport sur la rémunération reflète ainsi notre conviction de récompenser la performance en fonction de l’atteinte d’objectifs ambitieux, tant financiers que ESG [critères environnementaux, sociaux et de gouvernance, ndlr]», a-t-il complété, en rappelant les résultats record du groupe en 2022.
En revanche, un autre salaire est passé de façon un peu plus ric-rac: celui de Michael Manley, l’ancien patron de Fiat-Chrysler Automobiles (FCA), groupe qui a fusionné avec PSA pour donner naissance à Stellantis en janvier 2021. Les actionnaires ont seulement approuvé à 51,9% l’enveloppe de 51 millions d’euros accordée au dirigeant pour sa contribution à la fusion entre FCA et PSA.
Malgré une portée symbolique, l’enjeu de ces votes reste limité. En effet, s'ils sont contraignants dans le droit français, ils peuvent être purement consultatifs aux Pays-Bas, où Stellantis a installé son siège social.



