Elisabeth Borne ne fléchit pas. Invitée par France 2 dans l’émission L’événement, jeudi 2 février, la Première ministre a défendu sa très critiquée réforme des retraites. Deux jours après la mobilisation qui a réuni 2,8 millions de Français mécontents selon la CGT et 1,272 selon la police, elle a assuré comprendre le fait que «demander aux Français de travailler progressivement plus longtemps […] n’est pas simple» mais a réaffirmé le caractère «indispensable» de la réforme pour «préserver notre système de retraite par répartition».
Un index seniors plus contraignant
Après avoir tenté de convaincre du bien-fondé de sa réforme mentionnant les déficits que le système accumulerait si celle-ci n’avait pas lieu, Elisabeth Borne est revenue sur l’emploi des seniors, et notamment sur l’index prévu par la réforme qui vise à évaluer les efforts des entreprises en matière de recrutement, de formation et d’emploi des Français les moins jeunes. Si des sanctions financières sont d’ores et déjà prévues pour les entreprises ne le publiant pas, la Première ministre s’est dite ouverte à la mise en place d’un dispositif plus contraignant.
«Je pense qu’on peut aller plus loin et le débat de la semaine prochaine sera sans doute l’occasion de le faire en disant que les entreprises dont l’index montre qu’elles n’ont pas des bonnes pratiques à l’égard des seniors, si elles n’ont pas un plan d’action, […] ou s’il n’y a pas d’effets pour corriger ces mauvaises pratiques, alors il pourra il y avoir aussi des sanctions». Elle est également «favorable» à l’élargissement de cet index, prévu, dans le texte actuel, pour les sociétés de plus de 300 salariés, aux entreprises de plus de 50. Sur France 2 également, Olivier Dussopt, le ministre du Travail, s'était montré ouvert à l'extension du dispositif aux moyennes entreprises mercredi 1er février.
La durée de cotisations des carrières longues
Interrogée sur les actifs qui ont commencé à travailler à 20 ans et devront cotiser 44 ans au lieu de 43 pour partir à la retraite à l'âge légal de 64 ans, et ne bénéficient donc pas du départ anticipé prévu par le dispositif des carrières longues, Elisabeth Borne a assuré que se tiendrait un «débat» sur le sujet et que l'on pouvait toujours «travailler sur le système».

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Autre thématique épineuse: les effets de cette réforme sur les femmes. Une étude d’impact du gouvernement a récemment montré qu’elles seraient plus pénalisées que les hommes (les femmes nées en 1972 travailleront en moyenne neuf mois supplémentaires si la réforme est adoptée, contre cinq mois pour les hommes). Elisabeth Borne a concédé que les efforts demandés concerneraient «des femmes comme des hommes» mais que «les femmes qui ont commencé à travailler tôt, les femmes qui sont dans des métiers difficiles, les femmes qui ont dû interrompre leur carrière» seraient protégées.
Enfin, elle a dit ne pas envisager le recours à l’article 49.3, largement utilisé par le gouvernement qui ne dispose plus d’une majorité absolue à l’Assemblée nationale, pour faire adopter son projet de loi. L'examen du texte, qui ne manquera pas de provoquer des débats houleux, débutera lundi 6 février à l'Assemblée nationale.



