Chronique

[Ecoacademics] Face au Covid-19, les stratégies de télétravail ne sont pas égales

Les chercheurs travaillent, L'Usine Nouvelle déniche leurs trouvailles. Dans la chronique Ecoacademics de cette semaine, une équipe emmenée par le CNRS modélise la meilleure stratégie d'organisation du télétravail pour limiter les contaminations.

Réservé aux abonnés
télétravail
Télétravailler un jour ou une semaine sur deux, retrouver au bureaux les mêmes collègues ou d'autres, n'a pas le même impact sur les contaminations.

Au 8 septembre, plus de 46 millions de personnes, soit 68% de la population totale, avaient reçu les deux injections en France. Avec un tel niveau de couverture, le confinement généralisé est désormais exclu. Mais l’atteinte d’une immunité collective semble aussi écartée depuis l’arrivée du variant Delta. Il faut donc se préparer à vivre avec le virus en contrôlant localement des poussées d’infection.

L’un des moyens est le télétravail dans les entreprises, les écoles et lycées. Une étude réalisée par des scientifiques du CNRS, de l’université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines et de l’ENS Lyon en collaboration avec l’institut Pasteur et l’Inserm, a modélisé l’impact de quatre stratégies pour isoler la meilleure.

Les deux premières s’appuient sur le principe de l’alternance. Tous les membres du collectif scolaire ou d’entreprise télétravaillent un jour sur deux, ou une semaine sur deux. Les deux stratégies suivantes s’appuient sur un principe de rotation: la moitié du groupe télétravaille les jours ou les semaines pairs. L’autre moitié, les jours ou les semaines impairs. Les résultats sont clairs et identiques, qu'il s'agisse d'une école primaire, d’un lycée ou d’un bureau. 

Mieux vaut privilégier la rotation

Vos indices
Indices & cotations
Tous les indices

Les chercheurs se sont appuyés sur des modèles de propagation à partir d'un cas contact et d'études existantes sur le nombre et type d'interactions directes en milieu scolaire et professionnel. Dans l’ordre d’efficacité, l’étude classe: la rotation hebdomadaire, la rotation journalière, l’alternance hebdomadaire, l’alternance un jour sur deux.

Pour une entreprise, la rotation présente un avantage: celle de maintenir une présence continue de personnel dans les bureaux. En revanche, elle peut entamer la cohésion, car elle sépare les salariés en deux groupes, les « pairs » et les « impairs ». A l’inverse, l’alternance maintient bien le collectif, mais vide temporairement les locaux.

Plus efficace que le 100% présentiel

Avec son protocole sanitaire, le gouvernement ne s’est pas lancé dans des prescriptions de télétravail aussi précises pour les entreprises. Mais chacune peut s’emparer de ses résultats pour définir sa propre politique en cas de flambée due à un nouveau variant.

Dans tous les cas, ces quatre stratégies sont plus efficaces que le 100% présentiel pour atténuer l’épidémie. L’étude montre même qu’en entreprise, en dessous d’un seuil de reproduction local (le fameux R0) de 1,3, elles permettent de passer le R0 du collectif en dessous de 1.

Les chercheurs ont même pris en compte une « non-conformité des individus, qui maintiendrait une petite fraction de leurs interactions originales (de 25%) ». En clair des individus qui, ayant l’habitude de se retrouver quatre soirs par semaine pour l’happy hour, continueraient de se mélanger entre pairs et impairs, mais seulement le vendredi, par exemple. 

Abonnés
Le baromètre des investissements industriels en France
Nouvelles usines, agrandissement de sites industriels existants, projets liés à la décarbonation… Retrouvez dans notre baromètre exclusif toutes les opérations classées par région, par secteur industriel, par date d’annonce et de livraison.
Je découvreOpens in new window
Newsletter La Quotidienne
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.