À Cannes (Alpes-Maritimes), dans les salles blanches de Thales Alenia Space, les équipes préparent la mise en configuration du satellite SES 17 pour l’essai de vide thermique. Cet équipement révolutionnaire fait entrer les satellites dans l’ère de l’ultra-flexibilité. « Grâce à ses capacités numériques, il sera possible d’adapter la mission du satellite SES 17 une fois en orbite », explique Didier Leboulch, le directeur de la stratégie télécoms, à l’origine de son développement.
Au sein de cette filiale commune à Thales et au groupe italien Leonardo, Didier Leboulch, 54 ans, est l’homme qui fait bouger les lignes. « C’est un visionnaire technologique. Avant les marketeurs, il perçoit quels seront les besoins de nos grands clients demain et après-demain. Sur les milliers d’ingénieurs que j’ai pu côtoyer, il sort du lot », explique Jean-Loïc Galle, le patron de Thales Alenia Space. D’ailleurs, en 2015, le dirigeant le promeut à l’un des postes clés de l’entreprise où il dirige une cinquantaine d’experts télécoms et un budget R & D d’une centaine de millions d’euros.
Sa capacité à rallier son entourage à sa vision dépasse le périmètre de l’entreprise. « Il a les bonnes idées, mais sait surtout en expliquer les bénéfices en termes de performances », assure Magali Vaissière, la directrice à l’Agence spatiale européenne pour les satellites télécoms. La pédagogie fait partie des atouts de celui qui n’a pas hésité, en plus de son travail, à partager son savoir dans les écoles d’ingénieurs. Sur les bancs de la fac ou en meeting, l’auditoire est captivé. Sa force de conviction repose sur une solide connaissance technologique. Didier Leboulch est un inventeur, avec une dizaine de brevets son actif. Ainsi, cet ingénieur de l’armement, diplômé de Supaero, a déposé l’un de ses premiers brevets sur la furtivité des avions de combat lorsqu’il était à la Direction générale de l’armement (DGA).



