Malgré la crise, les augmentations de salaire devraient, globalement, se poursuivre. Selon une nouvelle étude du cabinet de conseil Willis Towers Watson, les entreprises françaises prévoiraient de maintenir des enveloppes d'augmentations salariales en 2020 très comparables à celles prévues avant la pandémie de Covid-19.
Ainsi, ces augmentations s'établiraient, en moyenne, à + 2,3 %, contre + 2,5 % prévus initialement. "Un taux très en ligne avec ce qui a été observé en 2019", explique l'enquête. Précisément, les salaires des dirigeants devraient grimper de 2,3 %, contre 2,5 % auparavant, idem pour ceux des managers et cadres. Les non-cadres verraient leurs salaires augmenter de 2,4 %, contre toujours 2,5 % prévus au départ.
La santé en tête
En 2021, toutes les industries envisageraient des augmentations salariales positives. "Certains métiers seront mieux lotis que les autres. On les retrouve dans les secteurs industriels en tension, comme la santé, l'aéronautique et les industries lourdes et manufacturières. Cela devrait être particulièrement le cas dans certains bassins d’emplois en province", explique à L'Usine Nouvelle Khalil Aït-Mouloud, responsable de l’activité Enquêtes de rémunération chez Gras Savoye, une société de courtage d'assurance filiale de Willis Towers Watson.
"La transformation numérique, la robotisation et l’automatisation dans l’industrie au sens large va pousser les entreprises à proposer des augmentations plus importantes pour les titulaires disposant de compétences critiques dans ces trois domaines", ajoute-t-il.
Le secteur de la santé et de la chimie s'en tire le mieux, avec une prévision de 2,5 % de hausse de salaire en 2021, soit le même taux qu'en 2020. Managers, cadres et non-cadres bénéficieraient d'une augmentation de salaire de 2,5 % également, comme en 2020. Seuls les dirigeants pourraient être témoins d'une légère baisse, avec + 2,5 % en 2021, contre 2,6 % en 2020. Seulement 7 % des entreprises prévoiraient des gels de salaires en 2021.
L'aéronautique et l'industrie lourde se maintiennent
Malgré la crise qui l'a, littéralement, cloué au sol, le secteur aéronautique se place en seconde position. Globalement, les salaires pourraient augmenter de 2,3 % en 2021 contre 2,4 % en 2020. Ceux des dirigeants grimperaient de 2,2 %, contre 2,4 % cette année et ceux des managers et cadres + 2,3 % contre + 2,4 %. Les non-cadres verraient l'augmentation stagner à 2,4 %. 15 % des entreprises envisageraient des gels de salaires.
L'industrie lourde et manufacturière arrive troisième, avec une hausse générale des salaires de 2,1 % en 2021, contre + 2 % en 2020. L'augmentation est systématiquement la même pour toutes les catégories sociales. 15 % des entreprises prévoiraient également des gels de salaires.
L'énergie et l'automobile à la traîne
L'énergie arrive avant dernière des secteurs industriels concernés par l'étude. Les salaires devraient globalement augmenter de 1,8 % en 2021, contre 2,4 % en 2020. L'évolution est la même pour ceux des dirigeants et managers/cadres. Les non-cadres bénéficieront également d'une hausse de 1,8 %, alors qu'elle avait cependant été de 2,5 % en 2020. Ici aussi, les gels de salaires devraient concerner 15 % des entreprises.
Extrêmement durement touchée par la crise, l'industrie automobile se classe dernière avec une hausse des salaires de seulement 1 % en 2021, contre 1,8 % en 2020. L'évolution est similaire pour les salaires de toutes les catégories sociales. 20 % des entreprises envisageraient des gels de salaires en 2021.



