Les organisateurs d’événements professionnels ne savent pas comment s’organisera la rentrée. Ils n’ont pour l’instant qu’une certitude : les rassemblements de plus de 5 000 personnes sont interdits jusqu’à septembre. Et après ? Alors que l’Allemagne a décidé de distinguer les salons BtoB des autres rassemblements, le secteur français de l’événementiel tente d’organiser les conditions de la reprise. Et lorgne le modèle allemand.
"Les salons qui vont se tenir à partir du premier septembre sont déterminants", estime Philippe Pasquet, directeur général de GL Events Exhibition, qui organise des salons professionnels et grand-public. L’entreprise, qui a été notamment contrainte d’annuler la tenue de Global Industrie, planche sur les conditions d’accueil du public de ses prochains rassemblements. "Nous avons une bonne habitude de la gestion des flux, soulève Philippe Pasquet. Nous avons l’habitude des badges, des contrôles à l’entrée, des parcours fléchés…"
"Pas compliqué"
Les flux de visiteurs, dans les salons professionnels, ne sont pas les mêmes que sur un rassemblement grand-public comme un concert ou un festival. C’est là-dessus que les organisateurs de salons s’appuient pour préparer leur retour. "Les visiteurs et les exposants d’un salon professionnel sont des représentants d’entreprises, ils ont l’habitude de respecter les règles, soulève Philippe Carrier, président de Rochexpo, parc d’exposition de La Roche-sur-Foron (Haute-Savoie). Ceci est d’autant plus vrai dans les salons industriels."

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Mais, même avec des participants disciplinés, l’organisation des rassemblements industriels doit être revue. Contrôle du nombre de visiteurs en direct, parcours fléchés, nettoyages (très) fréquents, espaces de restauration réorganisés… La liste des modifications est longue. "Techniquement, la mise en place de ces mesures n’est pas compliquée", assure Laurent Grain, directeur du parc Expo de Mulhouse (Haut-Rhin) et organisateur du salon industriel BE 4.0.
Maintenir, quelles que soient les conditions...
Une mise en place pas compliquée, mais coûteuse. "Après les attentats et la mise en place de nouvelles règles sécuritaires, le coût des contrôles d’accès avait déjà augmenté de 30 %, se rappelle le président de Rochexpo. Cette année, nous anticipons un surcoût au moins équivalent sur les frais de nettoyage." D’après lui, la solution réside peut-être dans la solidarité du secteur. "Nous pourrions très bien mutualiser certains équipements, de comptage par exemple, estime-t-il. Cela faciliterait la rentabilisation d’un matériel qui ne servira qu’à quelques occasions dans l’année."
A ces investissements s’ajoutent une affluence réduite et des salles de conférence à la capacité divisée. Signes annonciateurs d’une rentabilité en berne. "Dans cette année particulière, marquée par l’annulation de certains salons prévus au printemps et une baisse de 30 % de notre chiffre d’affaire, nous préférons maintenir BE 4.0, quelles que soient les conditions", affirme Laurent Grain.
Retour de la confiance
Reste que, pour le moment, ces conditions sont difficiles à anticiper. "Nous sommes en dialogue permanent et constructif avec les autorités, rappelle Philippe Paquet, de GL Events Exhibition. Nos salons sont des outils importants de la reprise économique et certainement les témoins d’un retour de la confiance et de la volonté de reprendre l’activité."
Les organisateurs de salons, réunis au sein de l’Union française des métiers de l'événement, ont proposé un protocole sanitaire au gouvernement le 14 mai. Ils attendent une décision gouvernementale pour la fin mois. Avec l’espoir de pouvoir se remettre en selle. Et de participer à la relance industrielle.



