Beaucoup d’entreprises ont d'abord repris leur activité en Chine avec moins de salariés que prévu puisqu’un certain nombre d’entre eux était bloqué dans d’autres provinces. Mais ensuite, "il a aussi fallu redonner confiance aux salariés qui étaient sur place pour qu’ils reviennent travailler" explique Olivier Scalabre, senior partner au BCG et spécialiste du secteur de l’industrie. De manière autoritaire, ceux qui revenaient de zone à risques ont parfois été mis préalablement en quarantaine dans des hôtels privatisés par les entreprises, pour rassurer les autres.
Une fois la quarantaine passée, les entreprises ont imaginé des solutions d’espacement ou d’équipes barrières. "Ces mesures ne permettent pas de reprendre avec un même niveau de productivité, c’est un mode dégradé" explique le consultant, mais de toute façon il faut souvent faire avec une baisse de la demande.
Trois modes d'organisations
Première possibilité par exemple pour une usine qui travaille H24 avec 3 équipes de 8 heures, le passage en 2 "shifts" au lieu de trois avec une des trois équipes qui est dédiée exclusivement à la désinfection. Elle ne croise personne et joue le rôle d’une équipe barrière entre les deux autres qui sont, elles, affectées à la production.

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Dans d’autres usines le travail a porté sur l’espacement des postes, en créant des zones de 2,5 mètres entre chaque personne. "Cela réduit les cadences car le produit met plus de temps pour arriver en bout de ligne" concède Olivier Scalabre.
Enfin d’autres industriels font travailler les équipes en quinconce. Par exemple si l’usine est dotée de quatre lignes de production. Le premier shift travaille sur les lignes 1 et 3, le deuxième shift sur les ligne 2 et 4. Les lignes sont désinfectées entre temps. Ces modèles ne sont pas universels, en particulier pas toujours adaptés dans les industries de process. Là il faut inventer autre chose.
Le dialogue social à privilégier
"La clé c’est la confiance, il n’y a pas de normes, c’est à chaque industriel de bâtir son schéma. Mais il faut le travailler avec les employés qui sont sur le terrain car le dialogue social est clé dans la période. Il faut donner des responsabilités aux ouvriers et être très participatif", prévient le consultant.
L'autre impératif va être de rendre son outil de production ultraflexible. Car les canaux de distributions vont changer, le type de produits demandés, les zones d'exportations en fonction des aléas des confinements et déconfinements. L'adaptation, clé de la période qui s'ouvre.



