[ACTUALISE] La ministre du Travail a déclaré le 16 mars sur BFM, que le gouvernement reportait l'entrée en vigueur des nouvelles règles d'indemnisation de l'Assurance chômage de cinq mois. Elles devaient être appliquées à partir du 1er avril, elles ne le seront qu'à partir du 1er septembre.
Elle répond ainsi à l’inquiétude de plusieurs syndicats, qui ont appelé ces derniers jours le gouvernement à renoncer à l’entrée en vigueur des nouvelles mesures d’indemnisation, en raison de l’impact économique de la crise du coronavirus.
Puisque des mesures sont prises pour les entreprises, pourquoi ne pas en prendre pour les salariés, notamment les plus précaires, argumentent-ils ?
Une indemnisation durcie
En effet, les nouvelles règles de calcul de l’allocation pénalisent les travailleurs précaires, qui enchaînent les contrats courts. L’objectif de la réforme était d’encourager ces travailleurs à accepter un emploi plus durable, dans un contexte de difficultés de recrutement des entreprises, alors que l’alternance entre contrats courts et inactivité pouvait parfois leur être plus favorable financièrement.
Mais le coronavirus a profondément modifié ce marché du travail, les contrats courts étant les premiers affectés par les annulations de salons, de réservations d’hôtels et restaurants et l’impact de la crise sanitaire sur le tourisme. Calculer l’indemnisation de ces salariés précaires au vu de leur activité de février ou mars entraînerait une très forte baisse de leur allocation, alors même qu’ils auraient peu travaillé.
"A chaque fois qu'il y a une difficulté économique - et là elle est là et ça n'est que le début - ce sont les travailleurs précaires qui payent le plus cher tribut", avait déclaré Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT. Selon lui, "plus d'un million de travailleurs seront concernés par une baisse allant de 20 à 45% de leur indemnisation chômage".
Une pause devrait également être annoncée dans la réforme des retraites, alors que les conférences de financement ne peuvent plus se tenir et qu'il va être difficile de réunir les sénateurs pour qu'ils examinent le projet de loi.



