Corée du Sud, métaux critiques et cinéma au menu du sommet Choose France 2025

Le président de la République Emmanuel Macron réunit 200 grands patrons étrangers et français à Versailles pour le sommet Choose France lundi 19 mai. L'occasion de célébrer l'attractivité du pays et d'orchestrer une pluie d'annonces d'investissements, malgré un contexte morose. 

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Choose France 2024
Près de 15 milliards d'euros avaient été annoncés l'an dernier lors du sommet Choose France. Record battu ?

Comme chaque année, la liste des «happy fews» affiche complet depuis des semaines. Lundi 19 mai, Emmanuel Macron reçoit 200 grands patrons internationaux à Versailles pour leur vanter les mérites d’investir en France à l’occasion du huitième sommet Choose France. Une édition clef alors que le contexte économique est assombri par les tensions protectionnistes. Toujours première destination européenne, l’attractivité de la France montre des signes de faiblesses que souligne le baromètre EY, rendu public le 15 mai.

Fonds souverains du Golfe et Blackrock

Malgré le repli des investissements américains en Europe, les Américains constituent toujours le plus gros contingent à Versailles. Larry Fink le patron du puissant fonds d’investissement Blackrock y sera, tout comme David Solomon le PDG de la banque d’affaires Goldman Sachs. Ils devraient croiser dans la galerie des glaces les patrons de fonds souverains des monarchies du Golfe, que ce soit QIA (Qatar), ou l’émirati Mubadala – mais aussi les patrons d’Ikea, de BASF et du chinois Envision.

Pour l’Elysée, cet évènement reste un grand moment de communication politique. Près de 20 milliards d'euros d'investissements devraient être annoncés lors de cette édition, a dévoilé le président de la République le 16 mai. Un record alors qu'en 2024 la jauge s'était arrêtée à 15 milliards d'euros d'annonces. Plusieurs d'entre elles devraient préciser des projets esquissés lors du sommet de l’IA du début de l'année, mais aussi concerner la mobilité propre ou la santé. Et la "séquence" déborde du sommet lui-même. Emmanuel Macron devrait se rendre avant l'ouverture du sommet dans la Meuse, sur un site de fabrication de bus électriques de Daimler où le constructeur allemand prévoit de réinvestir. Le 20 mai, le président doit inaugurer le bureau parisien du PIF, le fonds souverain saoudien qui dispose de plus de 900 milliards de dollars sous gestion, après s'être rendu le 15 mai chez JPMorgan, qui prévoit d'étendre son implantation parisienne.

Une table ronde avec des patrons coréens et des groupes miniers 

Plus qu’un rendez-vous, l’Elysée préfère vanter une «méthode» pour faire débloquer des décisions. Beaucoup se joue lors des tables rondes en petit comité organisées autour d’Emmanuel Macron, bien plus que lors des grandes sessions du sommet dédiées cette année au cinéma - une thématique décidée avant l’annonce de Donald Trump de surtaxer les films tournés à l’étranger - et le patrimoine. Deux réunions de travail en petit groupe sont prévues sur l'approvisionnement en métaux critiques, avec la présence de grands groupes miniers, et une autre sur l’intelligence artificielle. Une rencontre doit aussi avoir lieu avec des patrons sud-coréens, dont le patron de Hyundai, un pays dont l’exécutif espère attirer davantage les investissements.

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Certains patrons étrangers ont aussi droit à leur tête-à-tête avec Emmanuel Macron, «quand 30 minutes de temps présidentiel peuvent remporter une décision», pointe-t-on en coulisse. Il y a deux ans, l’investissement de plus de 2 milliards d’euros de Novo Nordisk à Chartres s’était discuté derrière des portes closes à Choose France, avant d’être annoncé quelques mois plus tard. Cette fois, le président doit rencontrer Stella Li, la vice-présidente du constructeur chinois BYD, alors que le groupe envisage l’implantation d’une troisième usine en Europe, après ses sites hongrois et turcs. Mais aussi le magnat des télécoms Carlos Slim et le patron du saoudien Qiddiya, spécialisé dans le tourisme et les loisirs.

Un accueil royal dont l’efficacité réelle reste difficile à mesurer, au-delà des parcours parfois difficiles de certains projets. L’agence chargée de l’attractivité Business France comme l’Elysée aiment rappeler que la formule de Choose France a été copiée par d’autres pays dont la Suède et le Royaume-Uni à l’été 2024 autour de Keir Starmer. Une preuve de son succès. A Londres, «l'organisation n'était pas rodée, ils y ont mis n'importe quoi», persifle un habitué des sommets. Versailles veut rester incontournable pour l’instant. 

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