Chronique

[Chronique RH] Soigner l’« onboarding », un enjeu fort pour les entreprises en 2022

Les candidats à l'emploi devraient encore être en position favorable cette année dans de nombreux secteurs. Là où la concurrence entre employeurs fait rage, le processus d’intégration des nouvelles recrues pourrait s'avérer plus décisif que jamais.

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Embauche recrutement
Etablir une connexion émotionnelle entre le manager et la recrue est préconisé par le dirigeant de Robert Walters.

Les difficultés de recrutement ne devraient pas être le seul souci des entreprises cette année. Alors que le marché de l’emploi des cadres est de nouveau très dynamique, la rétention des salariés et parfois même des candidats promet d’être un casse-tête pour les spécialistes RH. Selon une enquête réalisée par le cabinet de recrutement Robert Walters, 95% des entreprises sont préoccupées par ce sujet. Et beaucoup ont commencé à s’armer pour y répondre. En témoigne le volume d’offres d’emploi pour les fonctions RH, qui a bondi de presque 50% cette année par rapport à 2020.

Plus que jamais, cette volonté de retenir les talents doit s’appliquer aux nouvelles recrues. Pour Toby Fowlston, le patron de Robert Walters, mettre l’accent sur l’« onboarding », c’est-à-dire sur le processus d’intégration des nouveaux arrivants dans l’entreprise, sera d’ailleurs l’une des tendances de 2022 en matière de recrutement.

Gare aux contre-offres !

Celle-ci est bien sûr déjà à l’œuvre. Sollicitées par L’Usine Nouvelle, plusieurs entreprises indiquent avoir pris les devants dès 2021. Chez le spécialiste du conseil en stratégie numérique Devoteam, un onboarding spécifique a été mis en place pour les jeunes recrues. De son côté, le cabinet de conseil en transformation numérique mc2i œuvre à l’amélioration de son onboarding en vue d’optimiser « l’expérience candidat ». Un système de mentorat a été instauré et le cabinet agit plus en amont encore, en envoyant « une petite attention » à ses futurs salariés. Une sorte de « pré-onboarding ».

Une attention qui pourrait ne pas être de trop. L’étude de Robert Walters montre qu’un salarié sur deux est susceptible de s’intéresser aux contre-offres de son ex-employeur. « En douze ans chez Robert Walters, je n’en ai jamais vu autant qu’en ce moment », affirme Philippe Artero, qui supervise l’activité ingénierie, achats et chaîne d’approvisionnement pour le cabinet.

Etablir une connexion émotionnelle

D’où l’importance de très vite faire intervenir les émotions dans les processus de recrutement puis d’intégration des candidats. « Il faut établir une connexion émotionnelle dès le premier jour avec le manager », insiste Toby Fowlston. Selon lui, les entreprises capables de rendre leurs processus plus humains pourraient ressortir gagnantes de la guerre des talents.

Cet enjeu de l’onboarding bousculera-t-il le process de recrutement standard en France ? Une étude récente menée par la chaire « Compétences, employabilité et décision RH » de l’EM Normandie auprès de 511 recruteurs montre que la très grande majorité des process de recrutement sont proches de six semaines et allouent du temps en début de recrutement (analyse du poste, tri des candidats, entretiens). Toutefois, quand il s’agit de dire quel serait le process idéal, les avis des recruteurs sont partagés entre ce processus de six semaines et un autre de dix semaines qui inclut trois semaines d’onboarding… Décidément une tendance qui monte.

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