En décembre dernier, au moment des grèves qui sévissaient en région parisienne, alors qu'on lui demandait si elle télétravaillait, Julie, une trentenaire évoluant dans le secteur de la communication répondait : "on a une culture assez dure au boulot, on s'engueule beaucoup et par téléphone c'est vraiment très dur parfois, alors je préfère marcher une heure matin et soir pour aller travailler avec mes collègues".
Derrière l'anecdote légère transparaît la difficulté à adopter du jour au lendemain le télétravail quand on n'y a pas été préparé. Pas facile de travailler à distance quand on n'en a pas l'habitude et même si la perspective de se protéger de cette façon de l'épidémie de Coronavirus-Covid 19 rendra les adeptes de la marche à pied plus prudent, il va falloir apprendre à bien télétravailler.
Avoir la bonne attitude
Cela passe souvent par une meilleure communication entre les personnes. Guillaume Champeau, directeur éthique et affaires juridiques de Qwant, a ainsi fait une liste de 10 conseils pour bien télétravaillerqu'il a publiée sur Twitter et sur Linkedin. Outre l'adoption d'un chat, ces conseils consistent essentiellement à adopter une attitude professionnelle même si on reste chez soi (adopter des horaires pour travailler, avoir un espace particulier même s'il est éphémère, s'habiller) et à bien utiliser les outils numériques disponibles (gare à la remarque qui passe à la machine à café avec le langage corporel qui indique la plaisanterie qui peut dégénérer en pugilat par courriel).
S'équiper des bons outils
Cette question des outils est particulièrement importante. L'étude réalisée par CSA sur le sujet pour le nouveau Comptoir Malakoff Humanis indique que les salariés qui ont télétravaillé durant les grèves étaient 57 % à avoir perçu des problèmes techniques plus importants qu'à l'habitude. Lors du baromètre annuel qui avait été mené avant les grèves, ils n'étaient que 51%. Du côté des directions, cette question est aussi présente mais en raison de son coût. Rien d'étonnant à ces résultats, ils révèlent juste que le télétravail non anticipé et décidé dans l'urgence a des conséquences immédiates en matière d'accès aux réseaux, de connexions à distance... et donc des coûts qui croissent d'autant qu'on peut, sans être d'une misanthropie démesurée, parier que certains fournisseurs en profitent !
Il importe donc que les directions indiquent clairement aux salariés quels outils utiliser pour quels usages. il n'est pas forcément nécessaires de régler les problèmes quotidiens de la vie de l'entreprise en visio conférence, le téléphone peut suffire. Mais pour une grosse réunion pourquoi pas.
Sociabiliser
Le travail en entreprise est aussi un espace de socialisation et certaines initiatives méritent d'être soulignées, comme celle des salariés de la société Fizzer. Pour ne pas perdre le lien à distance, les salariés ont mis en place des "remote coffee" hebdomadaires. Un temps réservé pour discuter des sujets du moment, y compris de celui qui a provoqué le télétravail. Ce n'est pas la seule solution imaginable, à chacun de trouver le rituel qui convient à ses équipes.
Maintenir le dialogue
Le plus important est de ne pas laisser un salarié qui serait en souffrance seul en télétravail. Au début du moins, il paraît nécessaire d'appeler au moins une fois par jour pour voir comment le salarié se sent dans cette situation qu'il n'a pas forcément souhaité. Le cas échéant il importera de dialoguer avec lui pour comprendre d'où viennent ses difficultés éventuelles et de mettre en place les solutions les plus adaptées.
Enfin, l'étude déjà mentionnée de Malakoff Humanis estime que plus d'un emploi sur deux ne peut pas être effectué à distance. Les directions d'entreprise doivent aussi avoir à coeur d'expliquer à ceux qui ne pourront pas travailler à distance pourquoi ce choix a été fait. C'est une préoccupation qui monte du côté des managers d'équipe interrogés pour cette étude : l'équité des politiques suivies est importante. Il faut donc communiquer sur les critères choisis, dialoguer avec les salariés qui se sentent victimes d'une injustice et communiquer sur les critères qui ont été retenus pour décider qui peut ou ne peut pas télétravailler. L'entreprise est un collectif de travail et alors que l'épidémie actuelle va isoler certains de ses membres, il est essentiel que ceux dont le métier est de faire vivre le groupe y consacrent tout leur temps.



