Le crédit d’impôt recherche est sur la sellette. Il faut dire que ce crédit d’impôt, qui permet de déduire 30% des investissements en recherche et développement de l’impôt sur les sociétés, coûte cher. Très cher. Plus de 7 milliards d’euros l’an dernier. Ce sont les plus grosses entreprises qui captent la majeure partie des fonds, ce qui laisse parfois dire à certains qu’il y a un énorme effet d’aubaine. Des économistes de renom de tous bords comme Philippe Aghion, Nicolas Chanut et Xavier Jaravel ont plaidé dans un rapport de 2022 en ce sens. Tout en défendant le dispositif, le nouveau ministre de l’Économie n’a pas exclu, ce week-end, dans les colonnes du JDD, d’y jeter un coup d’œil.
Si la France est redevenue attractive ces dernières années, c’est parce que notre politique de soutien à l’installation d’usines et de centres de recherche a fortement augmenté. Et surtout, elle a été pérenne. Le CIR, dont la dernière mouture la plus intéressante date de 2008, en fait largement partie. Il a aidé à améliorer l’image de notre pays et a contribué à créer de l’emploi. C’est un fait, même si on peut discuter de l’ampleur. Donc oui, c'est intéressant. Pour autant, depuis 2008, la situation a beaucoup changé. Le coût du travail et les impôts sur les sociétés ont été revus à la baisse. Sans que ce soit le paradis, la France est aujourd’hui dans la moyenne – certes haute – mais la moyenne des pays de l’OCDE.
À un moment où il faut trouver des économies, ce n’est pas idiot de regarder de ce côté-là. Il pourrait être plafonné, concentré sur les petites entreprises ou limité aux projets de recherche verts. Ce serait un coup dur, assurément, pour certaines entreprises, mais cela pourrait permettre de faire de substantielles économies. Même le patron du Medef semble s’y résoudre et se dit ouvert ce matin dans le Parisien à discuter d’une hausse d'impôt des entreprises. Reste à ne pas casser la dynamique de l’innovation. Car finalement, le nerf de la guerre est bien là pour préparer notre avenir. Le génie français… et pas seulement pour la création de nouveaux impôts !
Retrouvez cette chronique, et les précédentes, sur le site de France Inter



