La ministre déléguée à l’Industrie, Agnès Pannier-Runacher, visite, ce jeudi 4 mars 2021, Soitec à Bernin, en Isère. L’occasion de se rendre compte des résultats déjà accomplis par ce fleuron de la microélectronique française avec le soutien des pouvoirs publics dans le cadre du plan Nano 2022.
L'un des chefs de file du plan Nano 2022
Soitec, qui compte aujourd’hui 1 700 personnes dans le monde, dont 1 500 en France, et affiche un chiffre d'affaires de 600 millions d'euros sur le dernier exercice fiscal clos en mars 2020, se spécialise dans les substrats électroniques innovants de puces. La société fait partie des six chefs de file - avec STMicroelectronics, Lynred, Murata France, X-Fab France et UMS - du plan Nano 2022 lancé en mars 2019 par le gouvernement pour soutenir le développement de la filière française de la nanoélectronique. Elle a été probablement le deuxième plus grand bénéficiaire de ce plan après STMicroelectronics.
Le Substrate Innovation center, un laboratoire de recherche créé à l’été 2019 avec le CEA-Leti, le partenaire historique de l’entreprise en matière de R&D, constitue la principale concrétisation de ce plan, coté recherche et développement. Agnès Pannier-Runacher ne pourra pas le visiter puisqu’il se situe, non pas chez Soitec à Bernin, mais dans les locaux du CEA-Leti à Grenoble. Il compterait aujourd’hui environ 70 chercheurs, dont une vingtaine de Soitec. " L’innovation est l’ADN de Soitec, souligne auprès de L’Usine Nouvelle Cyril Menon, directeur des opérations de l’entreprise. Ce labo travaille sur les plaquettes existantes de 300 mm mais aussi au développement de nouveaux substrats, tel que le carbure de silicium utilisé pour les composants électroniques de puissance à hautes performances comme ceux embarqués dans les nouvelles générations de véhicules électriques. "

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Transformation de l'unité de production Bernin 2
Coté industriel, Soitec s’est attelé à transformer Bernin 2, son usine de production de plaquettes de silicium sur isolant de 300 mm de diamètre. Au départ, cette usine était dédiée à l’ancienne technologie PD-SOI pour circuits numériques. Elle a été réaménagée pour produire maintenant des plaquettes RF-SOI pour les circuits radiofréquences, Imager-SOI pour les imageurs de nouvelle génération, Photonics-SOI pour les circuits photoniques et surtout FD-SOI pour les circuits numériques comme ceux dédiés à l’Internet des objets, l’assistance à la conduite automobile ou l’intelligence artificielle. La technologie FD-SOI est vue en Europe comme un instrument stratégique de souveraineté puisqu’elle constitue une alternative à la technologie américaine FinFET au cœur de presque tous les processeurs de smartphones, PC et serveurs.
" Cette transformation est achevée, confie Cyril Menon. Nous disposons à Bernin 2 d’une capacité de production de 650 000 plaques par an. L’usine est au diapason de l’industrie 4.0, ce qui lui a valu le Trophée de l’usine de l’année 2020 de L’Usine Nouvelle. Nous sommes maintenant en train de construire un bâtiment de 2 000 m2 qui servira de local technique et de magasin. Nous en avons besoin pour accompagner l’augmentation de nos activités de production sur le site. Il sera terminé cet été. "
Première diversification réussie
Le plan Nano 2022 a aussi accéléré les développements de Soitec en vue de sa diversification au-delà du silicium sur isolant. Une première diversification s’est déjà concrétisée, celle dans les substrats piézoélectriques sur isolant (POI) pour les filtres radiofréquences 5G. La production de ce nouveau substrat a démarré en 2020 pour un grand client, l’américain Qualcomm, leader mondial des puces mobiles, dans Bernin 3, l’unité dédiée aux plaques de 150 mm. " Nous sommes aujourd’hui en production à grands volumes pour Qualcomm mais aussi pour d’autres clients, affirme Cyril Menon, sans toutefois citer d’autres noms de clients. Pour suivre la montée de régime de cette nouvelle activité, nous sommes en train d’accélérer nos investissements et nos recrutements. La salle blanche est en train d’être doublée d’ici à la fin de cette année de façon à disposer d’une capacité de production de 500 000 plaques par an. Bien sûr, pour atteindre cette capacité, il faudra équiper la salle blanche, ce qui sera fait au rythme de la demande du marché. "
Depuis le début de Nano 2022, Soitec a investi 200 millions d’euros en France. L’entreprise s’est engagée à créer 700 emplois directs en cinq ans sur le site de Bernin. " En trois ans, nous avons créé 500 emplois et pensons atteindre notre objectif à la fin de Nano 2022 à la fin de 2022, estime Cyril Menon. Nous étions 800 personnes à Bernin il y a trois ans. Nous sommes aujourd’hui 1 300 personnes et serons 1 500 personnes à la fin de 2022. D’ailleurs, le recrutement constitue pour nous un grand enjeu dans le contexte actuel de difficultés d’embauche dans notre secteur. "
Plan de recrutement de 170 à 200 personnes en 2021
Au début de 2021, Soitec a lancé son programme « Elevate » visant le recrutement de 100 nouveaux talents pour son site à Bernin rien qu'au premier trimestre 2021. Sur l’ensemble de l’année 2021, l’entreprise prévoit 170 à 200 embauches à Bernin. L'entreprise jouit d'une croissance à deux chiffres qui a fait doubler son chiffre d'affaires en trois ans. Après la pause due à la pandémie du Covid-19 lors de l'exercice en cours (à clôturer en mars 2021), elle s'attend à la reprise de son développement rapide de façon à atteindre un chiffre d'affaires de 800 millions d'euros sur l'exercice à clôturer en mars 2022.



