L’Allemagne tourne une page politique. Mardi 6 mai, après un scrutin parlementaire tendu en deux tours, le conservateur Friedrich Merz (CDU) a été élu chancelier par les députés du Bundestag. Il prend ainsi la tête du gouvernement issu des élections fédérales anticipées du 23 février. Le chancelier sortant, Olaf Scholz (SPD), avait en effet été contraint de dissoudre la coalition tricolore qu’il dirigeait, en raison des profonds désaccords entre les ministres socialistes, écologistes et libéraux, en particulier sur le budget de l’Etat et la nécessité de renforcer les investissements publics.
Cette fois, le pouvoir revient dans une configuration plus classique, à savoir une «grande coalition», dirigée par les chrétiens-démocrates (CDU) avec les sociaux-démocrates (SPD) comme partenaires. Pour ce qui est des portefeuilles clés pour l’industrie et l’économie, le Vice-chancelier et Ministre fédéral des finances, Lars Klingbeil, est issu du camp socialiste, tout comme Bärbel Bas, la ministre du travail et des affaires sociales. Le ministère fédéral de l'économie et de l'énergie sera tenu par Katherina Reiche, issue quant à elle de la CDU.
C’est peu dire qu’ils auront fort à faire pour redonner confiance aux entrepreneurs et investisseurs. Une étude économique de la banque du Bade-Wurtemberg (LBBW) révèle que les entreprises hésitent de plus en plus à investir dans le pays. Parmi les principaux obstacles sont cités la bureaucratie trop lourde, les prix élevés de l’énergie et la réglementation. Dans les conditions actuelles, seuls 22% des entrepreneurs interrogés par la banque LBBW prévoient d’augmenter leurs investissements cette année. 60% veulent les maintenir stables, tandis que 15% investiront moins en 2025 qu’en 2024.
L'industrie appelle à des «réformes structurelles profondes»
Face à cette situation, la nouvelle majorité promet une réponse ambitieuse : dans son contrat de coalition, le dirigeant de 69 ans, qui a effectué ce mercredi 7 mai son premier voyage à l’étranger à Paris pour rencontrer Emmanuel Macron, a promis des investissements massifs d’un montant de 500 milliards d’euros dans la défense et les infrastructures. Le plan de relance inclut aussi une enveloppe de 100 milliards d’euros pour la protection du climat. Au total, Friedrich Merz espère injecter entre 1000 et 1500 milliards d’euros dans l’économie allemande au cours de la décennie. Par ailleurs, à partir de 2028, l’impôt sur les sociétés sera progressivement réduit.

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La Fédération de l’industrie allemande (BDI) a salué ces orientations. Mais elle insiste aussi sur la nécessité d’une mise en œuvre rapide et rigoureuse. «Sans réformes structurelles profondes, le potentiel de croissance restera limité», écrit le BDI qui plaide également pour une réforme de l’administration et un soutien fort à l’investissement privé, notamment en assouplissant les règles fiscales et en modernisant la gestion publique.
De son côté, l’Association de l’industrie chimique (VCI) presse le gouvernement à agir rapidement, en posant les «jalons décisifs» dès les premiers 100 jours. Son directeur général, Wolfgang Große Entrup, appelle à baisser les coûts de l’énergie «pour que l’Allemagne redevienne un pôle d’attractivité pour l’investissement et l’innovation dans un contexte international de plus en plus concurrentiel». En avril, les instituts économiques allemands ont abaissé leurs prévisions de croissance à 0,1% pour cette année, en tenant compte des premiers droits de douane américains sur l'acier, l'aluminium et les voitures



