Friedrich Merz et Emmanuel Macron plaident pour un renouveau franco-allemand pour l'Europe

Le nouveau chancelier allemand Friedrich Merz est venu rencontrer le président Emmanuel Macron à Paris mercredi 7 mai pour «rendre l’Europe plus souveraine», en développant la défense du continent et sa compétitivité.

Première réunion du cabinet à la Chancellerie, à Berlin
Friedrich Merz, le chef de la droite chrétienne allemande, a été élu après deux tours - une première dans l'histoire parlementaire allemande -, mardi 6 mai, à la chancellerie d’Allemagne.

Au lendemain d’une élection difficile, le nouveau chancelier allemand Friedrich Merz et le président français Emmanuel Macron ont plaidé à Paris, mercredi 7 mai, pour un renouveau franco-allemand pour l'Europe et plus de coordination sur les sujets économiques, de défense et d'immigration. Objectif : renouer les relations avec les principaux alliés de Berlin et de montrer que l'Allemagne est de retour sur la scène internationale.

La prise de fonction de Friedrich Merz intervient alors que l'Europe fait face à un éventail de crises, de la guerre en Ukraine aux multiples droits de douane décidés par le président américain Donald Trump. Lors d'une conférence de presse aux côtés du dirigeant allemand, Emmanuel Macron a appelé à relancer le «réflexe franco-allemand» afin que «l’action se construise systématiquement ensemble».

«L'Europe n'est possible que si l'Allemagne et la France se coordonnent sur leurs réformes économiques et sociales respectives pour faire converger nos modèles sur l'investissement, sur la défense, sur l'énergie, sur l'espace», a déclaré Emmanuel Macron.

Paris et Berlin ont annoncé en ce sens la mise en place d'un conseil de défense et de sécurité franco-allemand qui se réunira régulièrement pour apporter des réponses opérationnelles aux défis stratégiques communs. «Nous allons aussi coordonner nos travaux respectifs pour partager nos analyses et actualiser nos revues stratégiques nationales», a ajouté Emmanuel Macron, qui a également mentionné la création d'un «programme franco-allemand d'innovation de défense pour permettre les innovations de rupture nécessaires à la guerre de demain».

Tous les membres de l'Union européenne doivent augmenter leurs dépenses de défense pour combler leurs lacunes dans ce domaine, a également déclaré Friedrich Merz. «Ce n'est qu'ainsi que nous pourrons progressivement combler nos lacunes en matière de capacités et soutenir collectivement l'Ukraine», a-t-il ajouté.

Position de l’Allemagne en Europe

Les deux dirigeants ont par ailleurs réitéré leur ambition d'œuvrer en faveur d'un cessez-le-feu de 30 jours en Ukraine, garanti par les Etats-Unis, pour ensuite élaborer les conditions d'une paix durable dans le pays. Friedrich Merz, qui envisage de se rendre bientôt en Ukraine, a appelé de ses vœux la conclusion rapide d'un cessez-le-feu durable tout en précisant qu'il ne pouvait pas, pour le moment, prendre des engagements pour la sécurité du pays avant de connaître les termes d'un éventuel accord de paix avec la Russie.

Une seule question se pose, a ajouté Emmanuel Macron : «est-ce que la Russie est prête à un cessez-le-feu d'au moins 30 jours pour construire dans ce contexte une paix robuste et durable ? C'est la seule question, les autres réponses viendront successivement.»

Sur le sujet de l'immigration, les deux dirigeants ont appelé à la mise en place «sans attendre» du Pacte européen sur la migration et l'asile, «de façon harmonisée et complété par un cadre européen robuste sur les retours», a dit Emmanuel Macron.

Le chancelier allemand est attendu plus tard en Pologne, ce qui souligne l'importance croissante que prend ce pays dans la politique européenne. Emmanuel Macron doit d'ailleurs signer vendredi, à Nancy (Meurthe-et-Moselle), un traité d'amitié entre Paris et Varsovie avec son homologue polonais Donald Tusk.

Malgré l'élection difficile de Friedrich Merz à la chancellerie par le Bundestag, les alliés de Berlin espèrent que le nouveau dirigeant allemand rétablira la position dominante de l'Allemagne en Europe, mise à mal par des années de lutte au sein de la coalition tripartite sortante d'Olaf Scholz qui a implosé en novembre dernier.

Avec Reuters (Rédigé par Kate Entringer, avec Camille Raynaud, édité par Blandine Hénault)

Newsletter La Quotidienne
Nos journalistes sélectionnent pour vous les articles essentiels de votre secteur.
Les webinars
Les services L'Usine Nouvelle
Détectez vos opportunités d’affaires
Trouvez des produits et des fournisseurs