Sur les marchés de gros, les prix de l’électricité et du gaz battent record sur record. L’envol des prix menace d’asphyxier les industriels, en particulier les secteurs les plus gourmands en énergie comme la métallurgie, la sidérurgie, les sucreries, les verreries… « Il y a dans la distribution, dans certains commerces, dans l’industrie, des PME qui me disent "les prix sont trop élevés, on ne va pas survivre". Nous allons prendre ce sujet à bras-le-corps », a défendu le ministre de l’Economie Bruno Le Maire mardi 30 août, à la tribune de la REF 2022 du Medef. Ces derniers jours, le mégawattheure d’électricité a atteint des pics supérieurs à 1 000 euros pour 2023.
Trois milliards de subventions pour aider les entreprises
Depuis mars, le gouvernement a débloqué trois milliards d’euros de subventions pour faire baisser les factures des entreprises, tandis que les ménages sont couverts par le bouclier tarifaire. Le guichet unique, opéré par la direction des finances publiques, devait compenser jusqu’à 50 millions d’euros sur les hausses de facture d’énergie des entreprises. Pour l'instant, c'est un échec. « Le guichet que nous avons mis en place pour aider les entreprises qui font face à de trop fortes hausses de gaz ou d’électricité ne marche pas. C’est trop complexe. Je n’ai aucune difficulté à le dire, car comme pendant la période Covid lorsque quelque chose ne fonctionne pas, il faut le revoir. Je le reconnais nous avons attribué 500 000 euros sur le dernier trimestre sur les trois milliards d’euros provisionnés. Nous allons revoir les critères et le système, car notre but n’est pas de faire des économies, mais d’aider les entreprises dans des situations difficiles du fait des hausses de l’énergie », a déclaré Bruno Le Maire lors d'une rencontre avec des journalistes jeudi 1er septembre.
Bercy avait assorti le dispositif d’une liste de conditions longue comme le bras. Pour y avoir droit, les entreprises devaient à la fois consacrer plus de 3% de leur chiffre d’affaires 2021 à leur approvisionnement en électricité et en gaz, avoir subi un doublement du prix par rapport à la moyenne de 2021 et enregistrer des pertes d’exploitation au cours du trimestre. Elles devaient aussi présenter des comptes trimestriels certifiés par des commissaires aux comptes. Trois plafonds différents d’aides ont par ailleurs été mis en place : de 2 millions d’euros pour les entreprises les moins affectées par la crise énergétique, à 50 millions d’euros pour celles directement exposées à la concurrence internationale. Au maximum, l’Etat prend à sa charge 70% de la hausse de la facture d’électricité.
Un dispositif considéré comme "mal calibré"
De quoi décourager les entreprises à déposer leur dossier. « La mesure est mal calibrée. Elle ne donne pas de visibilité aux entreprises et rares sont celles à cocher tous les critères. Il faudrait un dispositif plus sectoriel », plaide France Aluminium, qui représente la filière. Parmi ses adhérents, pourtant tous électro-intensifs, peu ont fait la démarche, confirme la fédération.

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Des réunions se tiennent à Bercy avec le ministre de l’Industrie Roland Lescure et l’ensemble des secteurs industriels concernés pour faire évoluer les critères. Le guichet sera prolongé jusqu'à fin décembre. Il devait initialement fermer fin août pour les déclarations des entreprises portant sur la période de mars à mai 2022, avant de rouvrir mi-septembre pour les déclarations concernant juin à août. Une première mesure de simplification.
En contrepartie de ces aides, « la condition pour tout le monde, c'est faire des économies d’énergie. Il n’y a pas ceux qui vont devoir faire des économies et ceux qui pourront s’en exonérer », a prévenu Bruno Le Maire devant les patrons du Medef, où il a été plus chaleureusement accueilli que la Première ministre Elisabeth Borne la veille. Pour le ministre de l’Economie, la grande bataille sera d’épargner dans les prochains mois l’industrie en cas de pénurie de gaz et d’électricité. « Il ne faut pas ajouter une crise économique à la crise énergétique », clame le ministre. Le Conseil de défense en format énergie, convoqué le 2 septembre, devrait servir à établir la liste des secteurs prioritaires en cas de rationnement, à l’instar de l’industrie verrière, dont les fours ne peuvent pas s’arrêter sous peine de ne jamais redémarrer.



