Depuis le vote définitif de la loi de finances pour 2025 qui ampute le plan France 2030 de 2,5 milliards d’euros, le monde de l’innovation savait que les aides seraient moins nombreuses cette année. Opérateur majeur du plan France 2030, Bpifrance a donné un peu plus de visibilité aux entreprises par la voix de son directeur général Nicolas Dufourcq, à l’occasion de la présentation de son bilan d’activité 2024, jeudi 13 février à Paris. Même si les discussions se poursuivent avec l’administration pour connaître l’ampleur définitif du ralentissement, «il y aura moins d’appels à projets cette année», a indiqué le patron de Bpifrance.
Globalement, la banque publique se prépare à repousser au second semestre ses appels à projets, qui ne constituent qu'une partie de son activité en faveur de l'innovation. Les prochains mois promettent donc d’être assez calmes en matière de nouvelles initiatives. «Nous allons passer pas mal de temps en 2025 à exécuter des décisions de 2024, car il y a eu énormément d’appels à projets l’an passé», a expliqué Nicolas Dufourcq. L’activité de Bpifrance pâtit notamment des réflexions plus larges en cours au sein de l’Etat sur les nouvelles priorités du plan France 2030. «C’est un travail normal quand il y a une réduction des dotations. A l'issue, nous aurons une feuille de route pour sélectionner nos futurs appels à projets qui apporteront des financements fin 2025 et en 2026», a précisé Paul-François Fournier, le directeur exécutif de Bpifrance en charge de l’innovation.
Un espoir pour l'appel à projets "Première usine"
L’appel à projets «Première usine» pourrait passer entre les gouttes. «Les arbitrages sont en en train d’être finalisés. Nous y verrons plus clair au début du mois de mars, mais je pense que notre conviction collective, avec l’Etat, est bien de tenir un appel à projets ‘Première usine’ dès le premier semestre», a détaillé Paul-François Fournier. Bpifrance est en tout cas en ordre de bataille pour sauver ce dispositif. «On ne peut pas parler de réindustrialisation en arrêtant cet appel à projets», prévient ainsi Nicolas Dufourcq.
De façon plus globale, l’effort d’économie devrait être concentré sur les appels à projets sectoriels, le volet "descendant" du plan France 2030. Ceux-ci ont représenté 1,9 milliard d'euros distribués en 2024. L’autre volet, celui des aides à l’innovation telles que les prêts "innovation R&D", les bourses French Tech Lab qui visent à favoriser la création de start-up depuis les laboratoires universitaires et les concours i-Nov et i-Lab, ainsi que l’appel à projets i-Démo, «est préservé grosso modo en 2025», a souligné Nicolas Dufourcq. Elles ont représenté 1,4 milliard d'euros en aides à l'innovation.

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2024
Smic brut mensuel - moyenne annuelleen €/mois
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Décembre 2025
Indice mensuel du coût horaire du travail révisé - Salaires et charges - Tous salariés - Industrie manufacturière (NAF rév. 2 section C)base 100 en décembre 2008
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10 Avril 2026
Yuan chinois (CNY) - quotidien¥ CNY/€
5,2 milliards d'euros fléchés vers l'innovation en 2024
En raison de ce contexte en 2025, Bpifrance s’attend à déverser un peu moins de cinq milliards d’euros dans le financement de l’innovation en 2025, contre 5,2 milliards d’euros en 2024. L'année dernière avait déjà été la première année de recul du financement de l’innovation par Bpifrance depuis 2019, où ce montant s’élevait à un peu plus d’un milliard d’euros seulement. Mais 2023 avait été une année exceptionnelle, avec un niveau record de 9,4 milliards d’euros décaissés.
«C’était l’année de l’explosion du plan France 2030 avec des projets comme ProLogium, ACC, Verkor… Mais ce plan n’est pas infini et en 2024 nous avons un peu moins déployé, avec surtout moins de très gros projets», a commenté Nicolas Dufourcq. De fait, les montants déboursés pour ces grands projets ont reculé de 66% en 2024 par rapport à 2023, avec seulement 1,8 milliard d'euros décaissés. Mais d’autres baisses ont été enregistrées, notamment pour les prêts aux entreprises innovantes dont les montants ont diminué de 20%. Cette diminution s’explique par le ralentissement des investissements en capital-risque, un allongement des durées nécessaires pour le montage des financements, mais aussi par l’assèchement des fonds de garantie européens auxquels sont adossés ces instruments.



