Pour son rendez-vous annuel "Bpifrance inno génération" (BIG), BpIfrance avait choisi pour l'édition 2021 le thème de la conquête. Cela va comme un gant à Emmanuel Macron. Au milieu des entrepreneurs réunis dans l’Accor Arena à Paris, le chef de l’Etat est en terrain conquis. Pour Emmanuel Macron, il s'agit de ne pas opposer la "start-up nation" et la France industrielle. «La réindustrialisation française passera aussi et peut être surtout dans certains domaines par les start-up», assure le chef de l’Etat.
Ce sera l’un des grands enjeux du plan "France 2030". Avec plusieurs semaines de retard, Emmanuel Macron doit détailler la semaine prochaine, le 12 octobre, son plan d’investissement doté d’une trentaine de milliards d’euros pour «prendre un coup d’avance» et créer les filières d’avenir dont le pays aura besoin en 2030.
Convergence entre start-up et industrie
Sur la scène du «BIG», le chef de l’Etat a esquissé les contours du «dernier étage de la fusée» de sa politique économique. L’un des objectifs de France 2030 devra justement être la «convergence entre start-up et industrie». Emmanuel Macron estime que «si on veut construire la France de 2030, on doit reconquérir de la part industrielle. On doit innover à nouveau par et dans l’industrie». Le plan France 2030 devrait notamment prévoir des fonds pour multiplier les financements dans des start-up industrielles. «Quand un démonstrateur industriel est fait dans un pays, l’entreprise reste dans ce pays. Si pour des raisons de financement et de facilité, une start-up fait son démonstrateur dans un autre pays, bien souvent elle va développer ensuite l’industrialisation de son projet ailleurs et c’est une perte d’opportunité et d’innovation pour la France », argumente Emmanuel Macron.

- 1.1525-0.69
2 Avril 2026
Dollar Us (USD) - quotidien$ USD/€
- 0.87253+0.16
2 Avril 2026
Livre sterling (GBP) - quotidien£ GBP/€
- 0.2-33.33
Trim 4 2025
Salaire ouvriers - Ensemble DE à RU% sur dernier mois du trimestre précédent
Le problème est «que ce sont des tickets assez importants. Un démonstrateur, ce sont plusieurs dizaines de millions d’euros», reconnaît le chef de l’Etat, qui veut permettre à plusieurs dizaines d’entreprises de financer leurs démonstrateurs industriels par an «très rapidement» avec un objectif de «plusieurs centaines» de start-up industrielles financées à l’horizon 2030.
Un changement culturel pour la politique industrielle
De façon plus globale, la crise a accéléré les transitions de l’économie vers la décarbonation et la digitalisation, estime Emmanuel Macron. Pour rester dans la course, la France va devoir «faire des choix massifs». Mais le chef d’Etat estime également qu’il va «parfois devoir changer de méthode. C’est-à-dire investir beaucoup plus vite des tickets parfois beaucoup plus importants et faire confiance davantage à des acteurs nouveaux ». Emmanuel Macron en veut pour preuve la mise au point des vaccins contre le Covid. «Des acteurs qui n’étaient pas connus ont inventé des vaccins et les acteurs installés n’ont pas toujours aussi vite pris ces tournants d’innovations », rappelle le chef de l’Etat, qui estime que cette nouvelle stratégie nécessite un «changement culturel». L’objectif de France 2030 devra être «de regarder si on veut être les leaders sur une technologie de rupture dans dix ans combien faut-il investir, à quel rythme et à qui on fait confiance».
Un grand coup d'accélérateur sur l'hydrogène
Le plan d’investissement doit ainsi cibler ses efforts sur une petite dizaine de nouvelles filières, comme les petits réacteurs nucléaires SMR ou l’hydrogène, qui bénéficie déjà de 7 milliards d’euros, dans le cadre du plan adopté en 2020. «Dans le cadre de France 2030, on va donner un grand coup d’accélérateur à la filière hydrogène», a promis Emmanuel Macron, en réponse à une question d’un industriel sur la scène du BIG. Cela devrait avoir pour objectif de «démultiplier les solutions technologiques et encore mieux structurer la filière avec de acteurs existants mais aussi des technologies de rupture en train de sortir des laboratoires et des start-up».
En contrepartie de cet effort d’investissement, Emmanuel Macron plaide pour un «pacte de confiance» avec les entreprises. Pendant la crise, l’Etat a su voler au secours des entreprises. «Ce que j’attends, c’est qu’elles prennent maintenant leur part de responsabilité et redonnent, par plus d’embauches», assure Emmanuel Macron.



