C’était la première fois que la SNCF convertissait ses TGV en trains médicalisés. Depuis le 26 mars, à la demande du gouvernement, le groupe ferroviaire français a déployé dix trains à grande vitesse adaptés pour transporter au total 202 patients atteints du Covid-19. Dans une vidéo publiée vendredi 24 avril, l’entreprise dévoile les coulisses de cette opération.
Opération Chardon
Baptisée “opération Chardon”, le projet a été mis en place en seulement 48 heures après la demande du ministère de la Santé. La SNCF a pu s’appuyer sur un exercice relativement récent. En mai 2019, dans le cadre d’un exercice attentat, l’entreprise avait expérimenté dans une gare parisienne l’adaptation d’un train aux situations d’urgence.
SNCF Dans le contexte du Covid-19, les TGV médicalisés permettent de transférer des malades placés sous respiration artificielle pour désengorger certains hôpitaux, comme ceux du Grand Est au début de la crise sanitaire. Chaque train peut évacuer 20 patients avec une équipe de 50 soignants et logisticiens, sans compter les conducteurs et les chefs de bord.
Défis techniques et d'organisation
Dans une vidéo de 23 minutes, la SNCF retrace la préparation de ces trains spéciaux : la transformation du TGV au technicentre sud-est européen de Paris (à partir de 2:56), le chargement des bouteilles d’oxygène à la gare d’Austerlitz (à 4:45), la surveillance des points sensibles depuis le quartier général de la sûreté ferroviaire à Paris (à 7:25), l’arrivée à la gare de Bordeaux en Gironde (19:38) et finalement la décontamination du train (21:15).
L’adaptation des trains représente un défi technique lié à la consommation électrique des appareils médicaux. Les cheminots doivent adapter leur conduite et leur freinage comme l’explique Pierre Théron, cadre transport traction : “Nous nous sommes rendus compte que l’utilisation de ce système de freinage avait des conséquences sur l’alimentation électrique des équipes sanitaires.”
En parallèle, le reste du réseau ferré tourne au ralenti. Fin mars, la SNCF a annoncé qu’elle ne ferait plus circuler les TGV et les Intercités qu’à 7 % du trafic normal. Pour les TER, la circulation est descendue à 15 % du trafic habituel.



