Si 5 millions de Franciliens utilisent chaque jour les transports en commun, il ne sera pas possible d’en accueillir autant à partir du 11 mai. Le syndicat des transports de la région veut même limiter à 1 million le nombre de voyageurs admis chaque jour, soit 20% de la fréquentation habituelle. "C’est indispensable si on veut respecter la distanciation, prévient un porte-parole d'Île-de-France Mobilités. Et pour cela, il faut que l’offre de transport soit de 100%."
Problème : la SNCF et la RATP ne sont pas en mesure de répondre à cette demande. "Si en grande couronne, les opérateurs Keolis, Transdev et RATP Dev assurent pouvoir répondre aux objectifs fixés, la SNCF et la RATP assurent ne pouvoir proposer que 50 % du service et ne pourront atteindre les 100 % qu’au bout de cinq semaines. C’est beaucoup trop long."
Le 11 mai la RATP fonctionnera à 70% de sa capacité
La présidente de la Région, Valérie Pécresse, a demandé aux deux opérateurs d’accélérer le rythme, notamment sur les RER A et B et les lignes de métros les plus fréquentées. Mais elle insiste aussi pour que les Franciliens privilégient le télétravail et le syndicat des transports de la région demande au gouvernement de renforcer la communication sur ce sujet. Le plan vélo, qui doit favoriser l’utilisation de la bicyclette va également dans ce sens. Le gouvernement insiste aussi sur le lissage des horaires de travail pour limiter les heures de pointe.
Interrogée sur France Inter, ce vendredi 24 avril 2020 dans la matinale, la présidente de la RATP, Catherine Guillouard a fait un pas en avant en annonçant une moyenne de 70 % de l’offre et 100 % sur les lignes automatiques 1 et 14. Elle s’oppose d’ailleurs comme les autres opérateurs à la mise en place de la distanciation, qui n’est appliquée ni à Berlin, ni à Séoul, mais veut comme Île-de-France Mobilités un port du masque obligatoire et l’application des gestes barrières. Une hypothèse qui devrait être retenue par le gouvernement mais le port du masque pourrait ne pas être obligatoire sur tout le territoire.
50% des TER et des Transilien
L’autorité organisatrice des transports demande au gouvernement des précisions sur les distances à maintenir entre les voyageurs et lance un appel à l’aide pour les pertes enregistrées au cours des deux mois de confinement qui s’élèveront à 1 milliard d’euros.
A la SNCF, son nouveau président, Jean-Pierre Farandou s’est exprimé le 15 avril dernier devant la Commission de l’aménagement du territoire et du développement durable du Sénat. "Pour les trains de la vie quotidienne, nous pensons redémarrer très vite à 50 % à peu près, dans les TER comme en Île-de-France, puis nous adapter ensuite à la demande, au fur et à mesure que les Français reprendront le train pour aller travailler."
Les images de rames de métro de la ligne 13 et de tramways bondés ont pu choquer. La RATP qui assure environ 30% du service pour une moyenne de 4% de fréquentation a déjà procédé à des ajustements sur ces lignes et va continuer. Dès le lundi 27 avril, 50% du trafic sera assuré sur la ligne 13, comme sur certaines lignes de bus et 60 % de trams. La Région veut favoriser la garde des enfants pour les salariés des transports. 8500 salariés à la RATP sont actuellement en arrêt maladie, notamment pour garder leurs enfants.
Distribuer des masques mais pas de gel
La Région et les opérateurs demandent au gouvernement de changer la loi afin que les personnels puissent verbaliser les usagers qui ne respectent pas ces mesures. Mais tous attendent le 29 avril et la remise des scénarios du Monsieur Déconfinement, Jean Castex, au gouvernement pour ajuster leur dispositif. Le gouvernement n'a pas tranché. Les forces de l'ordre pourraient être désignées pour verbaliser les voyageurs sans masque.
A la Région, on précise que "l’idée est que les usagers des transports viennent avec leur masque mais qu’ils puissent en acheter s’ils l’ont oublié. Nous allons en proposer dans les distributeurs et les boutiques des stations de métro et des gares." Quant au gel hydroalcoolique, il ne sera pas distribué selon Île-de-France Mobilités. "Ce n’est pas à la RATP et la SNCF de distribuer ce désinfectant." Les voyageurs doivent ne pas sortir sans leur flacon. Une façon aussi de les responsabiliser, même si le gouvernement est encore au stade de la réflexion sur ce sujet également.



