Vers un retour à 100 % des transports publics en Ile-de-France dès juin, et un verdissement de l'aérien ?

L'offre de transports en Ile-de-France retournera-t-elle à 100 % de ses capacités dès juin ? La présidente de la région Valérie Pécresse le souhaite mais prévient, cela ne sera possible que si les règles de distanciation sociale sont respectées. Même son de cloche du côté du ministre des Transports. Jean-Baptiste Djebbari a également annoncé sa volonté de verdir l'aérien, en supprimant notamment certaines liaisons nationales.

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RATP métro Paris
L'offre de métros pourrait reprendre totalement si les mesures de distanciation sociale sont respectées.

L'offre de transports en Ile-de-France pourrait atteindre les 100 % dès le 2 juin. C'est en tout cas ce que souhaite Valérie Pécresse. Invitée sur l'antenne de RTL le 12 mai, la présidente de la région a également demandé "le renforcement des lignes de RER B et D et à la police de commencer les filtrages à l'entrée des gares dès 6 heures du matin, parce que les premiers trains sont particulièrement chargés".

L'ancienne membre des Républicains avait en tête certaines images qui ont tourné sur les réseaux sociaux le 11 mai. On y voyait des rames de RER et de la ligne 13 du métro complètement saturées. Des incidents isolés. En Ile-de-France, comme ailleurs dans l'Hexagone, la reprise des transports pour le premier jour de déconfinement s'est bien passée. Selon les chiffres de la RATP, il y avait 15 à 20 % de voyageurs par rapport à une journée normale. De plus, moins de 5 % d'entre eux ne portaient pas de masques.

"De plus en plus de voyageurs" dans les transports

Cependant, Valérie Pécresse indique que les transports s'attendent à accueillir "de plus en plus de voyageurs", alors qu'actuellement, "dans un métro où on peut transporter 700 personnes d'habitude, nous ne pouvons en transporter avec la distanciation sociale obligatoire que 180". Ainsi, "si on n'arrive pas à faire suffisamment respecter les distanciations sociales, nous sommes toujours sous la menace d'une fermeture de ligne de train ou de gare", prévient-elle.

Pour l'instant, le pire n'est pas à craindre. Cette matinée de deuxième journée de confinement s'est déroulée sans cafouillage dans le métro parisien. La RATP a indiqué que son offre de transport s'était révélée "conforme aux prévisions", avec l'ajout de rames supplémentaires pour les RER A, B et la ligne 13 du métro.

Même constat du côté du ministre des Transports

Même son de cloche sur France Inter, où le ministre des Transports Jean-Baptiste Djebbari s'est félicité du taux de "plus de 95 % du port du masque en région parisienne". Selon lui, une affluence plus importante est à prévoir les 14 et 15 mai, avec un pic le lundi 18 mai. Il avertit cependant : toute personne n'ayant pas un motif légitime pourra se voir refuser l'accès aux transports, ou être sanctionnée par une amende.

Pour "avoir le plus de trains possibles" et "le moins de gens dans les trains", le gouvernement a choisi "d'étaler les pointes et de mettre en place des mesures de régulation", précise-t-il. Ainsi, afin "de réguler les gros points d’entrées, nous avons fermé 62 stations en Île-de-France et nous avons mis 400 points de contrôle dont une centaine en région parisienne".

Un secteur aérien à verdir

Évoquant le secteur de l'aéronautique, Jean-Baptiste Djebbari a annoncé sa volonté d'aller vers "le verdissement de l'aérien". "On n'a pas inventé grand chose depuis le Concorde et le TGV. S’il y a bien un pays qui peut le faire c’est nous", commente-t-il. Le gouvernement devrait donc s'atteler à "supprimer petit à petit" les vols nationaux lorsque des liaisons ferroviaires existent déjà. "Nous avons des moyens très simples pour ne pas redistribuer les créneaux à d’autres compagnies" si Air France les supprime, ajoute le ministre.

À l'heure actuelle, l'aérien français ne connaît pas le déconfinement. L'aéroport d'Orly ne devrait pas rouvrir avant le 26 juin. Concernant Roissy-Charles-de-Gaulle, contacté par L'Usine Nouvelle, le groupe Aéroport de Paris fait état d'un "trafic très résiduel". "Comme en mars, la fréquentation a chuté, entre 90 % et 95 %, précise-t-il. On dénombre entre 5 000 et 10 000 voyageurs par jour".

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