"Tout s’est bien passé partout au sein du réseau l’Union des transports publics et ferroviaires (UTP), se réjouit Thierry Mallet, président de l’organisation professionnelle et patron de l’opérateur Transdev en ce 11 mai. Il y avait un peu de monde sur certaines lignes de bus en Seine-Saint-Denis et en Essonne. C’était un peu chargé par rapport à la distanciation physique."
Sur les réseaux exploités par Transdev, au Havre (Seine-Maritime), à Montpellier (Hérault), à Nantes (Loire-Atlantique) ou à Rouen (Seine-Maritime), la fréquentation s’est située
en ce premier jour de déconfinement entre 10 et 15%, soit moins que ce qui pouvait être attendu, mais le double par rapport à la semaine précédente. Une fréquentation toute aussi faible a été enregistrée sur les réseaux exploités par Keolis à Bordeaux (Gironde), à Lille (Nord) ou Lyon (Rhône). Partout, les gestes barrières ont été appliqués, le port du masque a été respecté. Les messages préventifs et la signalisation ont produit leurs effets.
10 % de voyageurs à Lille
A Lille, la fréquentation n’a pas dépassé 10% par rapport à une journée de semaine habituelle, "bien en deçà de qui était prévu, explique Gilles Fargier, directeur général d’ilévia, le réseau de la métropole européenne de Lille (MEL). Les messages sur la prudence et le télétravail ont été entendus. Nous nous attendons à une montée progressive pour atteindre 20 à 25 % en fin de semaine, notamment avec les scolaires." Habituellement, ce sont 750 000 voyages par jour qui sont comptabilisés.
Ilévia a remonté son offre V’lille de vélos en libre-service à 100%. Pour les transports, elle se situe autour de 70% pour toute la semaine avec 75% sur la ligne 1 du métro et 85% sur la ligne 2, 70% pour les bus et une montée en puissance de 50 à 70 % sur la ligne de tramway. Pour l’instant, il est difficile d’aller plus loin, car le taux d’absentéisme pour maladie ou garde d’enfants atteint 30%. Mais l’objectif est d’atteindre 100 % le 2 juin, au moins sur le métro. C’est ce que demande la MEL.
Une offre de 85% à Lyon
A Lyon, le Syndicat mixte des transports pour le Rhône et l’agglomération lyonnaise (Sytral) s’était engagé à proposer 80 % de son offre de transport dès le 11 mai, afin de garantir un espace confortable. "Nous avons enregistré ce matin 20% de fréquentation avec une offre de 85 % pour éviter que les gens ne stagnent dans les stations, a précisé Fouziya Bouzerda, la présidente du syndicat. 460 personnes étaient sur le terrain pour faire de la pédagogie. Et il n’y a pas eu de compensation automobile. Il faut s’habituer au déconfinement. Il va être progressif. J’ai entendu dire que les gens ne sont pas disciplinés, mais les gens sont responsables et ils respectent la distanciation." Du personnel remettait des masques, et des distributeurs automatiques proposent des kits avec un masque et un flacon de gel.
Les messages ont donc bien fonctionné chez les usagers des transports urbains, mais aussi auprès des entreprises. "J’étais à une réunion du Medef et les entreprises ont bien compris qu’il ne fallait pas surcharger les transports, remarque Thierry Mallet. Ce démarrage en douceur est très positif. Cela rassure les voyageurs et permet de leur redonner confiance dans les transports."
Très peu de monde dans les TGV
En dehors des réseaux urbains, sur les lignes TER et Transilien, la fréquentation a atteint 15 % pour cette première journée, 10 % sur les TGV. Pour ce premier jour du déconfinement, le trafic SNCF à 18h était conforme aux prévisions : 60 % pour les Transilien, 55 % pour les TER et 35 % pour les TGV.
Dans un communiqué, la SNCF se félicite que "la quasi-totalité de nos voyageurs portaient un masque en gare et dans les trains ce matin et ce soir." Les Français seraient-ils devenus de bons élèves ?
Et à l'international ?
L’expérience de Transdev à l’international permet de voir que les taux de fréquentation étaient semblables à ceux de la France pendant le confinement. Après trois semaines de déconfinement, la fréquentation atteint 60% en République Tchèque. En Allemagne, après une semaine elle est plutôt de 30%, mais se situe entre 40 et 50 % dans les grandes villes. Mais dans ces deux pays, la distanciation physique n’a pas été instaurée. Sur le réseau de tramway de Barcelone, comme en Chine dans les bus, la capacité a été limitée à 50%. En France, elle ne peut pas monter à plus de 25 %.
Olivier Cognasse, avec Rémi Amalvy



