Valneva s'appuye sur un sous-traitant allemand pour muscler la production de son vaccin anti-Covid

Pour soutenir la production de son vaccin anti-Covid, le laboratoire franco-autrichien Valneva vient de nommer un sous-traitant allemand, IDT Biologika, pour l’aider à produire la substance active, en Allemagne.

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Valneva monte en cadence pour la production de son vaccin à virus inactivé contre le Covid-19.

Le projet était déjà avancé. Dès l’annonce d’un accord avec l’Union européenne pour fournir jusqu’à 60 millions de doses de son vaccin VLA2001 contre le Covid-19, Valneva avait dit vouloir s’appuyer sur de la sous-traitante pour la production. Une décision confirmée le 29 novembre, avec l’annonce d’une collaboration avec le développeur et producteur à façon (CDMO) allemand IDT Biologika. Cette société produira la substance active, donc l’antigène, du futur vaccin, dans son usine de Dessau-Roßlau, dans le nord-est de l’Allemagne.

Spécialiste biopharmaceutique

Présenté, dans un communiqué, comme un « partenaire de longue date dans le réseau des fabricants travaillant pour Valneva » par Thomas Lingelbach, le président du directoire de Valneva, IDT Biologika est un spécialiste de la production biopharmaceutique pour le compte de tiers. Fondé en 1921, le groupe dispose de capacités de production de vaccins viraux, de vecteurs viraux pour les thérapies géniques, de virus oncolytiques, et d’autres médicaments biologiques. En plus du site de Dessau-Roßlau, le groupe détient une seconde usine allemande, à Magdeburg, ainsi que d’un site à Rockville, dans le Maryland aux Etats-Unis.

Valneva pourra ainsi produire l’antigène de son vaccin, utilisant un virus inactivé et deux adjuvants, sur deux sites en Europe. Le laboratoire a mis en service une unité dédiée depuis plusieurs mois sur son site écossais de Livingstone. Les opérations de remplissage des seringues et de conditionnement des doses finies du vaccin seront quant à elles effectuées sur le second site de Valneva situé à Solna, en Suède.

Adaptation du plan de production

Le laboratoire explique, dans son communiqué, avoir « réexaminé sa stratégie de production » après la « résiliation du contrat britannique en septembre 2021 ». Il prévoit de « conjuguer production externe et interne » de son vaccin, et entend adapter « son plan de production en fonction de la demande ». Pour le moment, l’accord conclu avec l’UE le 10 novembre dernier porte sur une commande ferme de 27 millions de doses en 2022, avec un début des livraisons en avril prochain, et sur une option de 33 millions de doses supplémentaires en 2023. Pour un potentiel de 60 millions de doses donc.

Cet accord est conditionné par la délivrance d’une autorisation de mise sur le marché du VLA 2001 par l’Agence européenne des médicaments (EMA), qui devrait sous peu entamer une revue en continu des données du développement du vaccin. Le défi sera de trouver le positionnement du vaccin sur le marché Covid. Valneva espère convaincre des réticents à la vaccination avec des produits de nouvelle génération, comme les vaccins ARNm, et aussi faire une place au VLA2001 dans la vaccination de rappel. L’un des avantages de son produit tient au fait qu’il incorpore l’enveloppe entière du virus et pas uniquement la protéine Spike, comme le font les vaccins ARNm. Cette différence pourrait avoir son importance, avec un potentiel de conférer un spectre plus large en terme de vaccinations, et pourquoi pas de mieux contrer les variants.

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