C’était une signature très attendue. D'une part, car les discussions entamées avec la Commission européenne en janvier 2021, et ont enfin abouti. D'autre part, car Valneva avait vu le Royaume-Uni se désengager en septembre du seul contrat obtenu jusqu'à présent pour son vaccin anti-Covid.
Mercredi 10 novembre, le groupe a finalement décroché un accord avec l'Union européenne (UE) porte sur un maximum de 60 millions de doses de son candidat-vaccin VLA2001, sur deux ans. Techniquement, l’accord concerne la fourniture de 27 millions de doses en 2022. Volume auquel pourraient s’ajouter 33 millions de doses supplémentaires en 2023. Dans un communiqué, Valneva précise que l’accord nécessitera un « examen final, portant notamment sur les volumes requis par chacun des Etats membres de l’Union européenne ».
Premières livraisons attendues en avril 2022
Les premières livraisons sont attendues pour avril 2022, mais nécessiteront évidemment une autorisation de mise sur le marché (AMM) de l’Agence européenne du médicament (EMA). Valneva compte bientôt déposer une demande de revue en continu des données de ses essais cliniques pour accélérer le dépôt de dossier d’AMM. Actuellement, le vaccin est inclus dans plusieurs essais cliniques de phase III, avec des résultats intermédiaires positifs. L’un d’entre eux a notamment permis de démontrer, le 18 octobre, une efficacité supérieur au vaccin d’AstraZeneca, avec un profil de tolérance jugé plus favorable.
Spectre large et variants
Le vaccin de Valneva est le seul à avoir recours à un virus inactivé en développement clinique en Europe. Schématiquement, le vaccin, qui comprend aussi un adjuvant, incorpore l’enveloppe entière du virus SARS-CoV-2, et pas seulement une protéine d’intérêt comme les vaccins ARNm actuels qui sont concentrés sur la protéine Spike. Cette technologie offre la possibilité d’un spectre immunitaire plus large, et laisse supposer une bonne efficacité face aux variants. L’essai conclu le 18 octobre s’est déroulé au Royaume-Uni au moment même où le variant Delta circulait majoritairement, alors que le vaccin a été conçu à partir de la souche de Wuhan (Alpha), et ce, sans différence notable en termes de résultats.
Technologie mature et éprouvée
La technologie à virus inactivé est par ailleurs décrite par la Commission européenne comme « traditionnelle, utilisée depuis 60 à 70 ans, dont les méthodes sont éprouvées et qui bénéficie d’un niveau élevé de sécurité ». Rappelant au passage que « la plupart des vaccins contre la grippe, et de nombreux vaccins destinés aux enfants, utilisent cette technologie ». L’ajout d’un vaccin plus traditionnel dans l’arsenal de lutte contre la pandémie pourrait trouver une vraie place, notamment chez des personnes non vaccinées par peur des vaccins de nouvelle technologie. « Nous continuons à recevoir des messages de personnes à travers le monde qui attendent un vaccin inactivé », remarque ainsi dans le communiqué Thomas Lingelbach, le président du directoire de Valneva.
Cet accord européen est le huitième du genre après ceux conclus ces derniers mois avec Pfizer/BioNTech, Moderna, Janssen, AstraZeneca, Sanofi.GSK, CureVac et Novavax. Pour justifier celui avec Valneva, la Commission européenne a mis en avant la capacité de production du laboratoire, qui permettrait d’approvisionner les différents Etats membres. Pour la fabrication des doses, Valneva dispose d’une unité pour l’antigène sur son site écossais de Livingstone, et d’une usine implantée à Solna, en Suède, pour les opérations de remplissage et de conditionnement. Valneva aurait aussi identifié en Europe un sous-traitant pharmaceutique qui pourrait, si c’était nécessaire, renforcer la production du vaccin.



