L’heure des arbitrages stratégiques a sonné chez Valeo. L’équipementier automobile français est à la recherche de repreneurs pour trois de ses sites dans l’Hexagone : les usines de L’Isle-d’Abeau (Isère), La Suze-sur-Sarthe (Sarthe) et le centre de recherche et développement de La Verrière (Yvelines). Environ 1100 emplois sont concernés.
Selon le groupe, les deux sites industriels souffrent d’un “grave déficit d’activité”. Historiquement consacrée à la production de démarreurs, l’usine de L’Isle-d’Abeau, qui emploie 350 personnes, a opéré en 2022 un virage vers la production de systèmes de moteurs électriques 48 volts pour véhicules hybrides. “Mais cette technologie ne connaît plus de demande aujourd’hui”, constate un porte-parole du groupe auprès de L’Usine Nouvelle. Quant au site de La Suze-sur-Sarthe, qui produit des échangeurs thermiques pour tous types de véhicules, Valeo constate un manque de charge de l’usine malgré des investissements consentis ces dernières années pour moderniser l’outil de production. L’usine emploie 270 personnes.
Recherche de potentiels repreneurs en cours
De son côté, le centre de R&D de La Verrière nécessiterait une large injection d’argent de “plusieurs dizaines de millions d’euros pour la mettre au standard, notamment en termes d’isolation thermique. C’est de l’argent qu’on préfère diriger vers des investissements dans la R&D d’avenir que dans des bâtiments”, détaille le porte-parole. La possibilité de réunir les activités et les salariés sur d’autres sites en région parisienne a été évoquée, mais n’est pas officiellement à l’étude.
“La Fédération FO de la métallurgie condamne avec fermeté le projet de l’équipementier automobile Valeo de lancer une nouvelle restructuration”, regrette Force ouvrière dans un communiqué publié mardi 16 juillet. L’organisation syndicale redoute une délocalisation des activités industrielles vers des pays dits “à bas coût”, comme la Turquie ou la Pologne. Valeo rejette toute intention en la matière : “tout ce qu’on fait à ce stade, c’est chercher un repreneur”, tranche le groupe, qui s’est adjoint les services du cabinet conseil en ressources humaines Alixio.
“Un drame humain sans précédent”
“On souhaite trouver des solutions, mais on ne peut être que très inquiets”, relate Bertrand Bellanger, coordinateur FO Métaux chez Valeo France, qui redoute “un drame humain sans précédent”, citant notamment le cas du site de La Verrière : “ils viennent de se prendre une claque avec une purge de 200 personnes dans le cadre d’un plan de sauvegarde de l’emploi et là on leur balance une deuxième claque !”. En début d’année 2024, Valeo a annoncé son intention de supprimer 1150 emplois dans le monde, dont 235 en France, dans le cadre de la fusion des divisions de systèmes thermiques (Thermal System) et les systèmes de propulsion (Powertrain System).
Valeo compte 23 sites de production et 14 centres de R&D en France, et emploie 14 000 personnes. Lors d’une rencontre avec la presse en début d’année 2023, le dirigeant de l’entreprise, Christophe Périllat, a assuré que Valeo “n’avait pas un sujet de surcapacité [de production] en Europe”.



