Vale négocie la vente de son usine calédonienne de nickel et cobalt à Trafigura

Le géant minier brésilien Vale, via sa filiale canadienne, a annoncé le 4 novembre être entré en négociations exclusives avec un consortium, Prony Resources, associant Trafigura et des représentants des provinces calédoniennes pour la cession de son usine de nickel et de cobalt du sud de la Nouvelle-Calédonie, adressant le marché des batteries de véhicules électriques.

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Vale Nouvelle-Calédonie
Vale est entré en négociations exclusives avec un consortium réunissant Trafigura, une compagnie financière et des actionnaires calédoniens.

Le groupe minier brésilien Vale a annoncé, le 4 novembre, que sa filiale Vale Canada était entrée en négociations exclusives pour un mois avec un consortium mené par le groupe de négoce suisse Trafigura, pour le rachat de l’usine de nickel et de cobalt de Goro, au sud de la Nouvelle-Calédonie.

Jusqu'à 50% de calédoniens au capital

Ce consortium, qui associe Trafigura (25%), des représentants des provinces calédoniennes (20%), des salariés actionnaires (23%), la société civile calédonienne (7%) et la compagnie financière de Prony (25%) a réuni un financement de 1,2 milliard d’euros, a précisé  le président de Vale NC Antonin Beurrier.

"Nous tenons une solution pour assurer la pérennité du site et c'est une bonne nouvelle", a commenté Antonin Beurrier le 5 novembre lors d'un point presse. Vale avait effectivement alerté, faute de repreneur, sur une possible mise sous cocon de l'usine, qui emploie près de 1300 salariés directs et jusqu'à 1600 sous-traitants.

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Opposition au Nord

Malgré la forte représentation calédonienne à ce tour de table (jusqu’à 50% à terme), l’annonce ne fait pas que des heureux sur le "caillou". Les indépendantistes du FLNKS et coutumiers soutenaient une offre concurrente, émanant de la compagnie minière de la province Nord Sofinor, associée à Korea Zinc. Une offre rapidement rejetée par Vale.

L’offre du consortium Prony Resources, autour de Trafigura, est vue d’un bon œil par le ministère des Finances, qui avait sévèrement jugé l’offre de la Sofinor. Dans une note confidentielle, un conseiller de Bercy décrit une "structure de gouvernance confuse" sans répartition claire entre les porteurs, un "projet économique" réduit à "quelques lignes" et des "modalités de financement imprécises". Ce, malgré un accès à la data room durant trois mois, confirmé par la banque Rothschild. L'Etat français est impliqué comme créancier, ayant consenti un prêt de 200 millions d'euros à Vale NC en 2016.

Au moins une autre offre, émanant du groupe calédonien Byms adossé à une banque au Maroc, était sur la table. Mais c’est bien Trafigura qui a désormais jusqu’au 4 décembre pour finaliser un accord de cession par Vale Canada de son usine calédonienne. L’opération pourrait être finalisée début 2021.

Glencore et Trafigura face à face sur le caillou

L’aboutissement de ces négociations placerait face-à-face, en Nouvelle-Calédonie, les concurrents, compatriotes et voisins Trafigura et Glencore, qui détient 49% de l’usine de Koniambo, au nord de l’île. Ces deux géants du négoce mondial ont développé un appétit certain pour les métaux de la transition énergétique, surtout lorsqu'ils sont produits dans des zones où la traçabilité est mieux cotée que l'Afrique centrale ou l'Asie du Sud-Est.

Trafigura ne découvre pas l’usine hydrométallurgique calédonienne, productrice de nickel et de cobalt de qualité batteries. Le géant du négoce soutenait déjà la "team Australia" réunie autour de New Century Resources, qui a retiré son offre en septembre après avoir été très près d’un accord l’été dernier.

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