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Une voile photovoltaïque organique pour alimenter un catamaran !

La start-up Heole a équipé le catamaran de Marc Guillemot de sa voile solaire équipée de cellules photovoltaïques organiques (OPV). Le skipper va tester cette voile d'un genre nouveau pendant plusieurs mois avant de prendre le départ de la Route du Rhum, en novembre 2022.

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Installée sur le catamaran MG5, la voile solaire d'Heole va être éprouvée pendant cinq mois par le skipper pour affiner les réglages et valider la robustesse de la solution en conditions extrêmes de course.

C’est en apparence un voilier classique. Mais à y regarder de plus près, la grand-voile du MG5, le dernier catamaran conçu par le skipper Marc Guillemot pour la prochaine Route du Rhum en novembre 2022, est composée de 10 mètres carrés de cellules solaires organiques. Il s’agit de films photovoltaïques organiques (OPV) souples et légers, développés par la start-up Heole (contraction du mot Heol, qui signifie soleil en breton, et du nom du dieu du vent grec Eole) et qui permettent au voilier d'être neutre en carbone en navigation.

Créée à Vannes (Morbihan) à l'été 2021, l’entreprise Heole s’est fixé pour objectif de concevoir de véritables voiles et enveloppes solaires pour répondre aux besoins énergétiques des bateaux, mais aussi des dirigeables, en développant une nouvelle technologie de générateurs électriques en tissus et membranes à base de cellules photovoltaïques organiques. Un véritable défi, car il n’est pas évident d’intégrer ces semi-conducteurs à des supports souples. Le jeu en vaut toutefois la chandelle, selon les concepteurs de cette solution. Heole estime que sa voile solaire est capable de mettre le catamaran en énergie positive et d’assurer l’autonomie totale du bord (pilote, frigo, éclairage…).

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Selon Heole, la voile en OPV est aussi performante qu’un modèle non photovoltaïque équivalent sans être significativement plus lourde. Crédit : Emmanuel Lafay

Plus performante que les panneaux classiques au silicium

Sa voile en OPV serait plus écologique et performante que les panneaux classiques au silicium. « Elle génère une production journalière d’énergie deux à trois fois supérieure à celle de panneaux silicium de même puissance. Son bilan carbone est largement meilleur que celui d’un bateau équipé en panneaux silicium ou en hydrogène vert », explique la start-up dans un communiqué, ajoutant que sa solution « conserve la performance vélique d’une voile non photovoltaïque équivalente sans impact significatif sur son poids ».

De nombreux atouts sur le papier, donc. Reste à passer l’épreuve du feu. La start-up a déjà mené de premiers tests sur le trimaran Ocean Fifty Leyton ces derniers mois, qui lui ont permis d’affiner le design de la voile et le choix du tissu. Désormais, la deuxième version est prête. Installée sur le MG5, elle va être éprouvée pendant cinq mois par le skipper pour « affiner les réglages et valider la robustesse de la solution en conditions extrêmes de course ». Une version finalisée sera ensuite produite. Si tout se passe comme prévu, les adeptes de la Route du Rhum pourront pourront observer la grand-voile en action lorsque Marc Guillemot s'élancera depuis Saint-Malo pour la Guadeloupe en novembre 2022.

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