Le rendement énergétique est faible, 3,5%. Le surpoids est non négligeable, de l’ordre de 300 à 500 grammes par mètre carré. Mais une voile de 50 m2 couverte de films photovoltaïques organiques (OPV) suffirait à rendre autonome en électricité un trimaran de course transatlantique. Jusqu’à alimenter à lui seul en électricité le bord d’un bateau, voire supprimer le moteur thermique. C’est du moins le pari de la toute jeune start-up Heole créée à Vannes (Morbihan) à l'été 2021. Son nom, contraction de heol, soleil en Breton, et Éole, dieu grec du vent, résume le principe. Reste à le concrétiser.
Mesures sur l'Ocean Fifty Leyton
Première étape, vérifier la production d’électricité dans des conditions réelles. C’est en cours. Heole a installé des films solaires organiques souples sur les deux côtés du mat et d’une partie basse de la grand-voile du trimaran Leyton. Cet Ocean Fifty (15 m x 15 m x 24 m) piloté par les skippers Sam Goodchild et Aymeric Chappelier (un ex-ingénieur naval) a pris le départ de la Transat Jacques Vabre, au Havre (Seine Maritime) le 7 novembre dernier. Parmi les trois premiers de sa catégorie, il doit arriver en Martinique le 23 novembre. Mais ce ne sera pas la fin de la campagne de mesures de performance des films solaires par Heole, qui effectue des relevés de production électrique toutes les 30 secondes. Le bateau va aussi effectuer le retour en France à la voile, pour éviter un polluant retour en cargo.
Première voile solaire sur la Route du Rhum 2022

- 58.7+6.53
Février 2026
Cours des matières premières importées - Pétrole brut Brent (Londres) en euros€/baril
- 1.2539+3.07
3 Avril 2026
Gazole France HTT€/litre
- 69.4+7.26
Février 2026
Cours des matières premières importées - Pétrole brut Brent (Londres) en dollars$ USD/baril
Fort de ces mesures, Heole va affiner son choix de films solaires, parmi la dizaine de fabricants existants dans le monde et faire fabriquer une première voile photovoltaïque pour le trimaran MG5 de Marc Guillemot, un des six fondateurs de la start-up. Ce dernier va la tester début durant la phase de préparation à la Route du Rhum 2022. Pour cette transatlantique en solitaire, il disposera alors d’une nouvelle grand-voile solaire, optimisée. Mais «par sécurité, il gardera le moteur thermique» reconnait Jean-Marc Kubler, le businessman de l’équipe, spécialiste des éclairages LED pour dentistes à a retraite.
Premier ballon solaire en 2023
En 2023, ce sera au tour d’un autre champion, Pierre Chabert, aussi cofondateur d’Heole, de tester le concept, mais à bord d’un ballon dirigeable électrique. Fabriqué avec le tissu photovoltaïque organique, le ballon Lélio vise un record de vitesse de la Transméditerranée. D’ici là, l’équipe d’Heole composée aussi d’un expert de l’OPV, Guillaume Wantz, de l’autonomie en mer, Martin Delapalme, et de l’organisation, Anne-Cécile Loste, dont aucun n’est salarié, va aller chercher partenaires et financiers au CES de Las Vegas, sur un stand financé par le spécialiste du financement de l’innovation Leyton.
Au CES en janvier 2022
« On doit réaliser une première levée de fonds et trouver un sponsor industriel », explique Jean-Marc Kluber. Pour s’afficher sur la première voile solaire et le premier ballon solaire, il faudra débourser 1,5 million d’euros. Ensuite, l’équipe réfléchit à la suite et au modèle économique pour industrialiser cette technologie. Pour l’instant, c’est plutôt un modèle sans usine qui se profile.



