Nouveau cap pour le catamaran Energy Observer. L’objectif de son capitaine Victorien Erussard n’est plus de démontrer qu’on peut naviguer en totale autonomie énergétique et d’eau dans des conditions extrêmes. C’est fait. Depuis sa mise à l’eau en 2017, le catamaran laboratoire a déjà parcouru plus de 18 000 nautiques (environ 33 0000 km), réalisé 48 escales dans 25 pays, grâce aux énergies renouvelables.
Du bateau laboratoire au démonstrateur
Durant son voyage en Europe du Nord en 2019, les 165 m2 de cellules photovoltaïques (35%), la chaine de production d’hydrogène vert (19%), l’hydrogénération (2%) et des ailes intelligentes Oceanwings (44%) coordonnées par système numérique de gestion de l’énergie à bord unique développé par le CEA, lui ont permis de produire et stocker l’électricité nécessaire pour alimenter les besoins des huit membres d’équipage et les moteurs électriques du bateau. Elles lui permettent en même temps d’être autonome en eau douce, produite à bord par désalinisation d’eau de mer et qui est utilisé dans la production d’hydrogène et la vie à bord.

- 58.7+6.53
Février 2026
Cours des matières premières importées - Pétrole brut Brent (Londres) en euros€/baril
- 69.4+7.26
Février 2026
Cours des matières premières importées - Pétrole brut Brent (Londres) en dollars$ USD/baril
- 1.2539+3.07
3 Avril 2026
Gazole France HTT€/litre
Aurélie Barbaux Un smart grid hydrogène flottant
Ce système énergétique intelligent complet, baptisé smart grid par les experts, a ainsi été validé dans des conditions aussi difficiles qu’avec une eau de mer à plus de 33° à Tel Aviv en Israël -"ce qui aurait pu poser des problèmes de refroidissement", remarque Victorien Erussard - que dans une mer gelée au-delà du cercle arctique au Spitzberg. Au fil des trois premières années lors d’un tour de France (2017), d’un tour de Méditerranée (2018), et d’une expédition en Europe du Nord (2019), les technologies et réglages ont donc été validées (ou pas, comme pour les deux éoliennes verticales ou une aile de traction) et optimisées. Reste à maintenant à démontrer leur résistance dans les temps et aux conditions marines en vue de leur industrialisation pour équiper des navires commerciaux ou de plaisance.
Energy Observer Sur toutes les mers du monde
Et c’est ce nouveau cap que prend Energy Observer pour quatre ans de tour du monde. En 2020, il traversera l’Atlantique et le Pacifique pour rejoindre Tokyo durant les jeux Olympiques avant de retraverser l’océan Pacifique, direction la Californie. Ensuite, en 2021, ce sera direction Pacifique Sud jusqu’en Australie et en 2022, l’Indonésie, Hong Kong, Singapour, l’Inde et l’Afrique du Sud. Le tour du monde devrait s’achever en 2023 par le Brésil, les Caraïbes et la côte Est des Etats-Unis jusqu’à New York pour un retour en France, où en 2024, de Paris à Marseille, le bateau servira de vitrine des premiers jeux Olympiques neutres en carbone.
Energy Observer Une pile à combustible Toyota de série
A son départ de Saint-Malo le 17 (ou 18 février selon la météo) 2020, Energy Observer embarque donc des technologies zéro carbone qu’il reste à éprouver aux conditions maritimes hauturières. C’est le cas d’un système compact de pile à combustible développé par Toyota, en utilisant des composants introduits pour la première fois dans la Toyota Mirai. La surface de panneaux photovoltaïques a encore été augmentée et atteinte maintenant 202 m2 avec une puissance de 34 Kwc. Energy Observer embarque aussi cette année des Liberty Kite, cerf-volants statiques, plus simples que cerfs-volants tracteurs développés par Beyond the Sea testés en 2017 et 2018. Ils pourront être des atouts précieux en cas de panne ou dans les alizés.
Energy Observer Une hélice à pas variable
Mais la grande nouveauté de 2020 sur Energy Observer, ce sont les nouvelles hélices à pas variable et qui peuvent se mettre en drapeau, "pour réduire jusqu’à 85% la trainée", explique Victorien Erussard. Elles s’adapteront ainsi à la vitesse du bateau pour optimiser la production d’énergie lorsque le bateau avance à la force du vent grâce à ses moteurs réversibles, ce que l’on appelle l’hydrogénération. "Il faut adopter une vitesse intelligente plutôt que de chercher le toujours plus", rappelle le capitaine. Une nécessité sur l’Energy Observer, qui paye son autonomie par une vitesse de croisière plutôt réduite.
Energy Observer 


