Une usine de recyclage chimique des plastiques va s'arrimer à la plateforme de Carling-Saint-Avold

Le canadien Loop Industries, le sud-coréen SK Geo Centric et le français Suez ont annoncé le 16 février un investissement de 450 millions d’euros à Carling-Saint-Avold (Moselle) dans la construction d’une usine de recyclage chimique des plastiques PET. Le projet devrait générer 200 emplois directs à sa mise en service en 2027.

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Plateforme pétrochimique Carling Saint Avold
La plateforme pétrochimique de Carling-Saint-Avold (Moselle) progresse dans sa reconversion dans la chimie verte et l’économie circulaire.

Une cinquième usine de recyclage chimique du polyéthylène téréphtalate (PET) verra le jour en France sur la plateforme de Carling-Saint-Avold, en Moselle. Le canadien Loop Industries, le sud-coréen SK Geo Centric (groupe SK) et le français Suez ont annoncé ce 16 février leur intention d’investir 450 millions d’euros en ce sens sur la plateforme pétrochimique mosellane où sont notamment implantés TotalEnergies, Arkema, la centrale thermique au charbon de GazelEnergie, ainsi que plusieurs unités de chimie verte.

La technologie développée par Loop Industries, également appelée "méthanolyse", est capable de dépolymériser des déchets plastiques en vue d’obtenir des monomères pouvant être réintroduits dans les chaînes de production de PET. Ce procédé innovant devrait permettre de produire en vitesse de croisière 70 000 tonnes par an de PET à Carling-Saint-Avold. L’usine, dont les travaux devrait démarrer en 2025, pourraient générer près de 200 emplois directs à sa mise en service à l’horizon 2027.

Il s’agit de la première usine en Europe recourant à la technologie de Loop Industries, une société innovante de 80 salariés fondée en 2014. Daniel Solomita, son PDG évoque une résine PET de "qualité vierge, 100% recyclée et recyclable à l’infini" destinée à répondre à la réglementation européenne qui va notamment imposer 30% de matériau recyclé dans certains emballages en 2030. Les trois partenaires sont associés dans une coentreprise qu’ils détiennent à parts égales. SK Geo Centric, filiale du groupe SK, un des plus grands conglomérats industriels sud-coréens avec plus de 100000 salariés, y apporte son expertise dans les procédés pétrochimiques. Suez met sa connaissance du gisement de déchets au service du projet.

Emballages post-consommation

Nicolas Bequaert, directeur général délégué recyclage et valorisation France du groupe Suez (35000 collaborateurs), insiste sur la localisation de l’usine «au cœur d’un bassin de consommation transfrontalier qui concentre, dans un rayon de 500 kilomètres, une importante partie de la population européenne. Cette situation va nous permettre de capter d’importants volumes d’emballages post-consommation qui ne peuvent pas être recyclés mécaniquement contrairement aux bouteilles, en raison de leur complexité (PET multicouches, colorés, etc.)». L’usine traitera également des déchets industriels PET et pourrait accueillir, dans une moindre mesure, des fibres polyester.

Chemesis, l’association des seize industriels de la plateforme de Carling-Saint-Avold, se félicite de cette nouvelle implantation par la voix de Corinne Loigerot, directrice de la plateforme de Carling chez Total Energies. «Ce projet s’inscrit dans les activités que notre association souhaite développer autour de l’économie circulaire et de la chimie verte», détaille-t-elle. Le site de 600 hectares né en 1954 avec la carbochimie lorraine offrirait encore plusieurs dizaines d’hectares disponibles sur des sites propriétés de la Communauté d’agglomération de Saint-Avold et des industriels historiques Arkema, Total Energies et GazelEnergie.

Trois usines dans le Grand Est

Le projet de Loop Industries, SK Geo Centric et Suez est le cinquième projet d’usine de recyclage chimique du PET à voir le jour en France, le troisième dans le Grand Est. A Strasbourg (Bas-Rhin), l’alsacien Soprema a en effet mis en service en 2019 une unité combinant recyclage chimique et mécanique. D’une capacité de 3 000 tonnes de PET par an, celle-ci est capable de transformer les barquettes PET en polyol, un composant des mousses isolantes en polyuréthane pour le bâtiment. A Longlaville (Meurthe-et-Moselle), le français Carbios prévoit la mise en service mi-2025 d’une usine de recyclage du PET par voie enzymatique sur le site de son partenaire Indorama Ventures. L’investissement de 200 millions d’euros s’accompagnera de la création de 150 emplois. Enfin, deux autres usines devraient sortir de terre dans l’Hexagone. L’une portée par IFP Energies Nouvelles, Axens et Jeplan promet de traiter 80 000 tonnes par an de déchets à Saint-Maurice-de-Beynost (Ain). L’autre mobilise un milliard d’euros d’investissement de la part de l’américain Eastman à Port-Jérôme (Normandie).

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