Enfin une solution provisoire pour La Société Le Nickel (SLN). La filiale du groupe minier Eramet, spécialisée dans l'extraction et la transformation de nickel en Nouvelle-Calédonie, a annoncé avoir réceptionné une centrale au fioul flottante. Partie de Turquie le 16 juillet et arrivée à Nouméa le 3 septembre, cette centrale accostée temporaire (CAT) a été louée au turc Karpowership, leader mondial des navires-centrales, pour une durée de trois ans. Mis en service début octobre, l'équipement produira jusqu'à 200 MW et deviendra ainsi la plus grande unité de production électrique du territoire.
Cette installation fournira notamment de l'électricité à l'usine métallurgique de Doniambo, où la SLN produit en moyenne plus de 50 000 tonnes de ferronickel chaque année, afin de pallier les défaillances de la centrale B. Ouverte en 1972, la vieille centrale au fioul ne fonctionne qu'à 75% de ses capacités depuis mai 2021, lorsque l'explosion d'une chaudière avait coûté la vie à un agent de maintenance. Le gouvernement local prévoit déjà de la remplacer depuis 2016, mais l’appel d’offres pour la construction d’une nouvelle centrale est toujours en cours.
Un investissement de 250 millions d'euros
L'association Scal'Air, en charge de la surveillance de la qualité de l'air sur l'archipel, déplore que ce projet de centrale flottante n'ait pas fait l'objet d'une enquête publique et indique y avoir donné un avis défavorable, en raison des émissions de soufre qu'elle générera. Bien que supérieure à celle de la centrale B, son efficacité environnementale ne suffira pas selon elle à compenser son utilisation accrue. La SLN assure de son côté que la centrale accostée « offrira une plus large modularité opérationnelle », ce qui permettrait au contraire de recourir plus fréquemment aux énergies renouvelables du réseau.
Afin de moderniser ses équipements, la SLN avait annoncé en février 2022 un investissement de 250 millions d'euros en Nouvelle-Calédonie. En contrepartie, le gouvernement local a autorisé le groupe minier à augmenter ses exportations de minerai de nickel à faible teneur de quatre à six millions de tonnes, ce qui devrait l'aider à contrebalancer la baisse des exportations de ferronickel. Un dossier particulièrement délicat, car la doctrine nickel défendue par les indépendantistes repose justement sur la transformation locale du minerai.



