Seb affûte ses armes face à la guerre commerciale. Le 24 avril, le groupe a présenté ses résultats financiers du premier trimestre 2025, annonçant une croissance de 0,7% du chiffre d’affaires. Un résultat stable qui cache une augmentation de 3,5% des ventes en Chine, alors qu’une crise de la consommation continue à toucher le pays.
«On observe une normalisation du marché économique chinois depuis la moitié du quatrième trimestre de 2024», justifie Stanislas de Gramont, directeur général du groupe, dans un échange avec les journalistes.
Un «pricing power» conséquent
Si une potentielle reprise du marché chinois peut rassurer, on ne peut pas en dire autant du marché américain, en proie aux droits de douane de Donald Trump. Mais Stanislas de Gramont se veut pragmatique. «Les États-Unis représentent moins de 10% de notre chiffre d’affaires, et 20% de nos ventes là-bas sont fabriquées localement, expose-t-il. Concernant les 80%, nous pouvons répercuter les droits de douane sur les prix, nous sommes assez confiants.»
Une confiance qui provient du fait qu’aux États-Unis, le géant français vend surtout des articles culinaires et des produits de soin du linge, des catégories sur lesquelles Seb aurait une capacité à fixer les prix supérieure à celle de ses concurrents, le groupe produisant 60% de ce qu’il vend. Toutefois, le dirigeant ne donne pas de taux, même vagues, d’augmentation des prix.
Diversification industrielle
Pour compenser la hausse des droits de douane, le groupe s’appuie sur une «empreinte industrielle mondiale et diversifiée», qui continue à évoluer. «Nous avons commencé à transférer la production de casseroles et poêles Tefal de la Chine au Vietnam depuis plusieurs années, et nous continuons à le faire», souligne Stanislas de Gramont, citant le premier mandat de Donald Trump comme raison derrière ce transfert.
Enfin, le groupe pourrait par ailleurs augmenter ses investissements aux États-Unis. «Nous avons des investissements en cours sur notre site à Canonsburg en Pennsylvanie et d’autres à venir, pas à cause des droits de douane mais parce que nos catégories de produits hauts de gamme rencontrent un certain succès», sourit le directeur général. Des investissements pourraient également concerner Wilbur Curtis, dont Seb a fait l’acquisition en 2019.
Grâce à cette palette d’outils, la firme croit toujours à un scénario de croissance en 2025. «Nous n’anticipons pas une dégradation de l’économie mondiale», prédit Stanislas de Gramont.



