La batterie et la carte électronique sont insérées sans difficulté. Un capot est posé avant que l'opérateur le fixe : une quinzaine de vis, piochée dans un bac avec une visseuse aimantée, est utilisée pour maintenir le tout en place. Reste à placer autant de cache-vis et l’aspirateur, assemblé en moins de trois minutes, est posé dans un bac où sont rajoutés les accessoires par une autre personne, pour finir à l’inspection en bout de ligne.
Tel est le quotidien de la nouvelle ligne de production d’aspirateurs balais de Rowenta, débutée en mars 2024 par le groupe Seb sur son site de Vernon (Eure), qui emploie 220 salariés. Auparavant, la production de ce modèle était réservée aux sites chinois du groupe. «Il faut que nous ayons une production représentative de nos modèles à Vernon, parce que c’est le pôle de compétences du groupe, explique Vincent Charpentier, directeur du site. Nous n’avons toutefois pas fermé de ligne en Chine, parce que le marché se porte très bien.»
Il y a bien sûr aussi des raisons commerciales derrière cette relocalisation, car ce modèle d’aspirateur «marche très bien en Europe», assure le directeur, bien que le groupe Seb ne donne pas de chiffres précis. Un signe de l’attrait grandissant pour le made in France.
Création d’une nouvelle méthode d’assemblage
Sur le plan technique, la mise en place n’a pas été chose facile. «Il nous a fallu six à huit mois pour développer cette nouvelle façon de faire, raconte Robert Mérignac, directeur de la R&D chez Rowenta. En Chine, un opérateur fait une seule étape. Ici, on s’est creusé la tête avec le service méthodes pour qu’ils puissent construire le produit en entier.» Ce fonctionnement, qui nécessite trois semaines de formation, permet plus de polyvalence et d’indépendance entre l’ensemble des opérateurs, accélérant la production.
«17 personnes travaillent sur la ligne, et plusieurs centaines de produits sont fabriqués par équipe, indique Cédric Larant, responsable de la ligne d’assemblage. Les équipes travaillent par rotation de huit heures, et les opérateurs tournent toutes les deux heures, afin d’éviter les troubles musculosquelettiques.» Les assembleurs disposent d’un siège à hauteur réglable, ou peuvent travailler debout, et d’un socle rotatif sur lequel l’aspirateur est posé pour montage.
«Quand nous démarrons un nouveau produit comme celui-ci, nous faisons appels à des intérimaires, explique Vincent Charpentier. Nous en embaucherons une partie cette année, grâce au succès du produit.» Avec un carnet de commandes bien rempli, le directeur de l’usine prévoit déjà d’augmenter le nombre de postes de montage, afin d’accommoder un autre modèle d’aspirateur balai, d’une gamme supérieure.



