En Côte-d’Or, après le revers des vélos Angell, Seb se concentre sur le reconditionnement

Le fabricant de petit électroménager Seb prend le virage du reconditionnement à Is-sur-Tille (Côte-d’Or). Le site se consacrait jusqu’en ce début d’année à la production des friteuses sans huile et à l’assemblage des cycles Angell Bike. La première arrive en fin de commercialisation, le second a cessé son activité. Les 130 salariés auront désormais la charge de reconditionner les équipements retournés.

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Site Seb à Is-sur-Tille (Côte-d'Or)
Les 130 salariés du site Seb à Is-sur-Tille (Côte-d'Or) vont s'orienter vers le reconditionnement des appareils défectueux.

C'est un site historique pour Seb. Le fabricant d'électroménager opère à Is-sur-Tille (Côte-d’Or) depuis les années 1970. Spécialisée dans la production des friteuses sans huile Actifry depuis 2006, puis affecté à la fabrication des vélos Angell, l'usine se retrouve désoeuvrée. La fabrication de l'Actifry, arrivé «en fin de vie commerciale» selon Eloi Morel, responsable des affaires publiques du groupe Seb, «s’arrêtera d’ici l’été 2025». Celle du cycle Angell, elle, prend fin avec la liquidation de l'entreprise créée par Marc Simoncini. 

Une partie des 130 salariés du site avait commencé à assembler les vélos imaginés par Angell Bike début 2022. «Il y avait une procédure d’assemblage et une procédure de commercialisation auxquelles nous avons apporté notre savoir-faire technique en respectant le cahier des charges», explique Eloi Morel, qui rappelle les objectifs initiaux de 20000 vélos conçus chaque année.

Mais entre 2020 et 2024, seuls 5000 produits sont sortis de l’usine. «Nous avons été au-delà de notre rôle d’assembleur en devenant actionnaire et en soutenant l’investissement et le développement», rappelle le responsable. Le manque d’engouement pour la marque associé à un rappel de sécurité de l’ensemble des vélos ont conduit la start-up de Marc Simoncini à se déclarer en cessation de paiement et à demander une procédure de liquidation judiciaire fin janvier.

Le virage du reconditionné

La fin plus ou moins programmée de ces deux activités pourrait interroger sur le devenir de l’usine de Seb à Is-sur-Tille. Pourtant, depuis le mois de juillet dernier, le groupe opère la transition vers une activité de reconditionnement afin d’assurer la pérennité du site et des emplois. L’entreprise engage en ce sens 1,5 million d’euros dans l’installation de nouvelles lignes, de nouveaux processus et dans la formation des collaborateurs.

«Nous avons l’ambition d’y reconditionner 50000 pièces par an. C’est un marché porteur et en adéquation avec notre ADN puisque le fondateur de Seb, M. Lescure, avait une activité de rétameur, donc de réparateur», souligne Eloi Morel. Faisant référence à une récente étude de Kantar, il met également en avant que seuls 22% des français se déclarent non intéressés par le reconditionné.

Le site débutera le reconditionnement au cours de ce mois de février. L’activité sera alimentée par les retours faits à la marque dans les 14 jours garantis par la loi, soit 7% des millions de produits vendus chaque année par les différentes marques du groupe. «Nous réaliserons un diagnostic de l’état du produit avant de le reconditionner pour le remettre sur le circuit. L’objectif du groupe est de réaliser 3 à 5% de son chiffre d’affaires [de 8 milliards d’euros en 2023, ndlr], grâce au reconditionnement d’ici à 2030.» Le groupe Seb compte 30000 salariés, dont 6400 en France sur 17 sites.

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