Et un de plus, ou de moins, selon comment on regarde. Alors que le chimiste Ineos va démarrer un vapocraqueur bas-carbone de 1,45 million de tonnes par an à Anvers, les annonces de fermeture de ces équipements géants de production d’éthylène se multiplient en Europe. En 2024, l’italien Versalis a annoncé la fermeture de ses deux derniers vapocraqueurs, et ExxonMobil celui du site de Gravenchon en Normandie. TotalEnergies, qui avait arrêté celui de Carling (Moselle) en 2015, a annoncé mardi 22 avril la fermeture de son «naphtha cracker 2» (NC2) d’Anvers, en Belgique, d’ici à la fin 2027. La raison invoquée est toujours la même : les surcapacités de production d’éthylène en Europe, alors que le marché décroît.
Dans le cas du NC2 de TotalEnergies, la fermeture est directement liée au non renouvellement d’un contrat avec ExxonMobil de 430000 tonnes par an. L’arrêt du NC2 va entraîner la suppression de 253 postes, sans licenciement sec, assure le pétrolier. «Chaque collaborateur se verra proposer une solution adaptée à sa situation, grâce à des mobilités internes au sein de la plateforme d’Anvers et des départs en retraite», explique TotalEnergies dans un communiqué. La fermeture de NC2 coûtera quelques dizaines de millions d’euros, indique l’énergéticien.
SAF, hydrogène vert et batteries
La plateforme pétrochimique d’Anvers de TotalEnergies fait en parallèle l’objet d’investissements pour se décarboner... un peu. En 2024, le pétrolier y a installé un parc de batteries de 25 MW, qui compense l’intermittence des énergies renouvelables et participe à l’équilibre du réseau national, comme il l’avait fait sur son site de Grandpuits (Seine-et-Marne) en reconversion en plateforme zéro pétrole, et sur trois autres sites. L’investissement était de 40 millions d’euros.
Dans le courant de 2025 sera mise en œuvre une production de 50000 tonnes de carburant aérien durable (SAF) par coprocessing, un procédé qui permet le traitement simultané d’hydrocarbures et de biomasse (huiles usagées et graisses animales) dans une unité de raffinage conventionnelle, déjà utilisé sur la raffinerie de Gonfreville (Seine-Maritime) dite de Normandie. TotalEnergies ne communique pas sur l’investissement nécessaire pour adapter les installations, ni sur son modèle d’approvisionnement en biomasse. Le pétrolier vise une production de 1,5 million de tonnes de SAF par an en 2030.

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Enfin, à partir de 2027, la raffinerie sera alimentée par 15 000 tonnes d’hydrogène vert, produit par un parc d’électrolyseurs d’Air Liquide de 200 MW, dont 130 MW sont dédiés à TotalEnergies. Installé à Maasvlakte, dans le port de Rotterdam, il sera alimenté par le parc éolien offshore de TotalEnergies OranjeWind, en mer du Nord. Le projet, annoncé par les deux partenaires français en février, doit coûter environ 400 millions d’euros.
Plus grande plateforme pétrochimique de TotalEnergies en Europe, Anvers a une capacité de raffinage de pétrole de 338000 barils par jour. Elle comprend un complexe pétrochimique et une usine de polymère produisant du polyéthylène haute densité. Le site avait fait l’objet d’un investissement de 1,1 milliard d’euros en 2013 pour une modernisation achevée en 2017.



