Les cartes seront rebattues dans l’un des plus importants axes pétrochimiques sur la partie est de la France. TotalEnergies a annoncé le 5 juillet 2023 des accords avec le pétrochimiste britannique Ineos pour une redistribution de leurs participations dans certains actifs entre le site pétrochimique de Lavéra, dans les Bouches-du-Rhône, et les pipelines d’éthylène qui connectent cette plateforme chimique avec celles de Feyzin (Rhône) et de Carling (Moselle).
Le projet «devrait être effectif à fin 2023, sous réserve de l’approbation des autorités concernées», commente un porte-parole de TotalEnergies, ajoutant qu’aucun montant n’est divulgué pour cette opération d’envergure. Dans un communiqué, TotalEnergies explique que ce projet est destiné à mieux «refléter l’équilibre entre production et consommation interne d’éthylène», une matière de base des plastiques et d’un grand nombre de spécialités chimiques, entre lui et son partenaire Ineos, et également de mieux intégrer leurs actifs respectifs.
Concrètement, le projet concerne la société Naphtachimie, coentreprise pétrochimique entre TotalEnergies et Ineos à Lavéra (Bouches-du-Rhône), de laquelle part un réseau de pipelines et de stockage d’éthylène reliant d’abord la plateforme pétrochimique de TotalEnergies à Feyzin (Rhône), avant de servir la plateforme chimique du groupe français à Carling (Moselle), et les deux sites pétrochimiques d’Ineos à Tavaux (Jura, 780 salariés, production de PVC, de chlorure de vinyle monomère, de chlore et de dérivés chlorés) et à Sarralbe (Moselle, 220 salariés, pour la production de polyéthylène haute densité et de polypropylène, voir carte ci-dessous).
TotalEnergies (crédit: TotalEnergies)

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Naphtachimie, l’un des plus grands sites pétrochimiques en France
Le principal changement concerne Naphtachimie, implanté dans la zone industrialo-portuaire de Fos-sur-Mer. Actuellement, Naphtachimie est détenue à parts égales entre TotalEnergies et Ineos, mais devrait passer entièrement sous le contrôle du groupe britannique avant la fin de l’année. Il s’agit d’un des plus grands sites pétrochimiques en France. Fondée en 1945, cette plateforme d’environ 500 salariés, classée Seveso seuil haut, comprend un vapocraqueur d’éthylène d’une capacité de 720 000 tonnes par an (567 000 tonnes produites en 2022). La plateforme comprend aussi des unités de propylène (550 000 tonnes par an) et de butadiène (120 000 tonnes par an). Toujours dans son communiqué, TotalEnergies souligne qu’il ne «consomme pas pour ses propres besoins sa quote-part des productions du vapocraqueur» et qu’il «la vend principalement à Ineos». D’où ce désengagement au profit de l’opérateur britannique.
Redécoupage des participations dans les pipelines
Pour le réseau de pipelines d’éthylène, la section entre Lavéra et Feyzin, actuellement entièrement détenue par TotalEnergies serait reprise intégralement par Ineos. La portion entre Feyzin et Carling serait partagée à 50/50 au lieu des 100% actuels pour TotalEnergies. Enfin, la liaison entre Feyzin et Tavaux, aujourd’hui répartie à 74% pour le groupe français et 26% pour Ineos, serait contrôlée à 50/50. La dernière partie, entre Carling et Sarralbe, n’est pas concernée par les accords et restera aux mains d’Ineos. Si TotalEnergies cède une partie de ses participations dans ce réseau de pipelines et de sites de stockage d’éthylène, il en restera toutefois l’opérateur.
Meilleure intégration de la plateforme chimique de TotalEnergies à Carling
Ces accords permettront de changer la donne pour les besoins en éthylène de la plateforme pétrochimique de TotalEnergies à Carling, qui sera désormais entièrement approvisionnée par le vapocraqueur d’éthylène du groupe français à Feyzin. Sur sa plateforme mosellane, qui recense plus de 400 salariés, TotalEnergies détient et opère des unités de polyéthylène (150 000 tonnes par an de capacités totales), de polystyrène (260 000 tonnes par an), de compounds de polypropylène utilisés dans les applications automobiles (30 000 tonnes par an), et une unité de résines qui trouvent des applications dans les pneumatiques, les lubrifiants, les adhésifs pour smartphone, les colles thermofusibles ou encore les élastomères thermoplastiques.



