TotalEnergies aurait été assigné une nouvelle fois en justice pour avoir pollué une région du Yémen

Une cinquantaine de Yéménites ont assigné TotalEnergies devant le tribunal judiciaire de Nanterre pour manquement à son devoir de vigilance, d’après Mediapart. Les plaignants l’accusent d’avoir pollué les terres et les eaux d’une région à l’est du Yémen où la multinationale française a exploité un gisement de pétrole entre 1996 et 2015.

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Les plaignants ont dénoncé une «véritable catastrophe économique, sociale, environnementale et culturelle» causée par les activités de TotalEnergies.

Le groupe pétrolier TotalEnergies a de nouveau rendez-vous avec la justice. Une cinquantaine de Yéménites qui l’accusent de polluer les terres et les eaux au Yémen l’ont assigné en référé devant le tribunal judiciaire de Nanterre mardi 9 janvier, selon les informations deMediapart. Ils dénoncent une «véritable catastrophe économique, sociale, environnementale et culturelle» dans l’assignation en justice fondée notamment sur le devoir de vigilance.

Contacté par L'Usine Nouvelle, TotalEnergies affirme ne pas avoir connaissance de cette assignation ni de ce qu'elle contient. «La seule assignation reçue date d’octobre 2023 et n'émane pas de 58 yéménites mais de cinq personnes physiques. Une audience se tiendra le 1er février», précise un porte-parole de l'entreprise.

D’après les plaignants, les activités de la multinationale dans la région de l'Hadramaout, et plus particulièrement dans le gisement pétrolier de «Messila», exploité entre 1996 et 2015, ont pour conséquence la contamination des nappes phréatiques et la survenue «à chaque forte pluie» de «marées noires». Ces dernières seraient dues notamment à l’explosion en 2008 d’un pipeline qui aurait fait s’infiltrer de grandes quantités de pétrole dans la Terre.

Des installations archaïques

Dans une enquête publiée en avril 2023, L’Obs mettait en avant les conséquences sur la population des accidents multiples dans la zone dus, selon les plaignants, aux «installations rudimentaires voire archaïques du groupe ainsi qu’à une gestion irresponsable des déchets générés par l’extraction du pétrole». On y apprend par exemple que l’entreprise française stockait ses eaux de production mal traitées et dangereuses pour l’homme et l’environnement dans des bassins creusés dans le sol et tapissés de simples bâches en plastique, qui n’auraient pas permis d’empêcher les infiltrations dans les sols. L’entreprise avait alors affirmé qu’elle avait installé un système d’écrémage pour récupérer les résidus d’huile présents dans les eaux de production et les recycler, ce qui ne permet pas pour autant d’assainir les eaux.

De multiples actions judiciaires

Plusieurs actions judiciaires impliquant TotalEnergies sont en cours. En septembre 2023, quatre ONG environnementales (Darwin Climax Coalitions, Sea Shepherd France, Wild Legal et Stop Total en Ouganda) portaient plainte au pénal contre la société dirigée par Patrick Pouyanné et son «action climaticide». Elles l’accusaient d’«abstention de combattre un sinistre», d’«homicide involontaire», d’«atteintes involontaires à l'intégrité de la personne et de «destruction ou dégradation d'un bien appartenant à autrui de nature à créer un danger pour les personnes». Et lui reprochaient notamment d’avoir approuvé des projets d’énergies fossiles tels qu’EACOP, l’oléoduc controversé de 1 440 kilomètres qu’elle construit en Ouganda et en Tanzanie.

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