TotalEnergies assigne Greenpeace en justice pour «informations fausses et trompeuses»

TotalEnergies va poursuivre Greenpeace en justice, a annoncé le groupe mardi 2 mai. La multinationale française du pétrole dénonce un rapport de l'ONG paru en novembre 2022, qui contestait le bilan carbone 2019 publié par l’entreprise et avançait un chiffre 3,6 fois supérieur à celui communiqué.

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TotalEnergies stratégie climat
TotalEnergies, un groupe régulièrement épinglé par les ONG environnementales, riposte en justice pour la première fois contre Greenpeace.

Pour la première fois, TotalEnergies attaque Greenpeace sur le plan judiciaire. La multinationale a assigné l'ONG environnementale en justice le 28 avril pour «diffusion d’informations fausses et trompeuses» concernant son bilan carbone. En novembre 2022, l’association avait publié un rapport intitulé «bilan carbone de TotalEnergies : le compte n’y est pas», dans lequel elle critiquait la méthodologie de calcul des émissions de GES du groupe. En outre, elle avançait que le total réel des émissions générées en 2019 s’élevait à 1,637 milliard de tonnes de CO2e, alors que TotalEnergies l'estimait de son côté à 455 millions de tonnes.

Conflit de méthodologies

Le groupe pétrolier avait alors dénoncé la «méthodologie douteuse» du rapport. Contactée par L'Usine Nouvelle, sa direction rappelle que «la compagnie suit les méthodologies sectorielles pour l’Oil & Gas publiées par l’IPIECA, elles-mêmes parfaitement conformes aux méthodologies internationalement reconnues issues du GHG Protocol de 1998». L’IPIECA est une association mondiale des industries gazières et pétrolières qui vise à améliorer la performance environnementale et sociale de ces entreprises.

«L’objectif poursuivi par notre compagnie est que le caractère faux et trompeur des informations communiquées par Greenpeace et Factor X [le cabinet auquel le rapport a été commandé par l’ONG, ndlr] soit judiciairement établi et que leur diffusion cesse», a déclaré l’entreprise. TotalEnergies souhaite également que «le préjudice qu’elle a subi soit reconnu», et réclame «un euro symbolique» à titre de dommages-intérêts.

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Accusation de «procédure-baillon»

Dans un communiqué du 3 mai, Greenpeace accuse TotalEnergies de vouloir «museler» l’ONG. «TotalEnergies veut entraîner Greenpeace dans une longue procédure judiciaire sur le calcul de ses émissions carbone, tenter de faire supprimer nos rapports et nous empêcher de dénoncer ses pratiques trompeuses et climaticides : si cela visait à nous décourager, c’est raté, nous sommes prêts. Nous continuerons de lever le voile sur la responsabilité de TotalEnergies dans le réchauffement climatique. Rendez-vous au tribunal», a déclaré Jean-François Julliard, directeur de Greenpeace France.

Réagissant au communiqué de l’ONG, TotalEnergies a déclaré «accepter la critique» et qu’une «condamnation par le tribunal n’empêchera pas Greenpeace de continuer à nous critiquer s’ils le souhaitent» mais appelle l’ONG à faire preuve de «rigueur et bonne foi» quand il s’agit «d’enjeux aussi importants concernant une société cotée».

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