Dans un contexte énergétique extrêmement tendu, c'est une annonce qui vaut son pesant d'or. Le français TotalEnergies et l'italien Eni, qui exploitent tous deux des gisements de gaz offshore au large de Chypre depuis quelques années, ont fait «une découverte significative de gaz sur le puits Cronos-1, situé dans le bloc 6», à environ 160 km au sud-ouest des côtes du pays.
Dans un communiqué publié lundi 22 août, ils expliquent avoir «rencontré plusieurs intervalles de réservoir carbonaté de bonne qualité et [...] une épaisseur nette à gaz de plus de 260 mètres» et prévoir le forage d'un puits d'exploration additionnel «afin d’investiguer des ressources supplémentaires significatives et d’évaluer les meilleures options de développement».
En février 2018 déjà, les deux groupes avaient découvert un gisement de gaz auprès du puits Calypso, situé dans une autre zone du même bloc. Celui-ci est détenu à 50% par TotalEnergies et à 50% par Eni, qui assure les fonctions d'opérateur. Le géant français est également présent dans les blocs offshore 11 (50% de participation, cette fois en tant qu'opérateur), 7 (50%, opérateur également), 2 (20%), 3 (30%), 8 (40%) et 9 (20%). Depuis que Chypre a été divisée en deux après l'invasion de la Turquie en 1974, la zone s'est transformée en un véritable casse-tête géopolitique. La Turquie refuse en effet de reconnaître les eaux territoriales chypriotes et entend elle aussi profiter de ses multiples richesses.
Des alternatives au gaz russe
«Cette réussite sur le puits d’exploration de Cronos-1 est une nouvelle illustration de l’impact de notre stratégie d’exploration qui se concentre sur des ressources à faible coût technique et à faibles émissions, afin de contribuer à la sécurité énergétique et fournir des ressources supplémentaires d’approvisionnement en gaz à l’Europe», s'enthousiasme en tout cas Kevin McLachlan, directeur Exploration de TotalEnergies.
Depuis le début de la guerre en Ukraine, l'Europe chercher en effet à se passer de gaz russe, dont elle dépendait jusqu'alors à environ 40%. Le groupe gazier Gazprom a d'ailleurs prévenu vendredi 19 août que ses livraisons à l'Europe par le gazoduc Nord Stream 1 seraient interrompues pendant trois jours, du 31 août au 2 septembre, pour des raisons de «maintenance». Une nouvelle suspension qui souligne l'urgence à trouver des alternatives durables.



