Plus de deux milliards d’euros. Telle est la somme que représentait en 2022 la contribution temporaire de solidarité en Europe et au Royaume-Uni pour TotalEnergies selon son PDG, Patrick Pouyanné, interviewé par les quotidiens belges L’Echo et De Tijd samedi 28 janvier. Le dirigeant, qui dit comprendre que les excellents résultats financiers de son entreprise dans un contexte de forte augmentation des prix de l’énergie puissent «fâcher», regrette toutefois que «le raffinage européen a[it] perdu de l'argent pendant plusieurs années» et que «maintenant, l'année où nous commençons à gagner de l'argent, il [soit] surtaxé comme un superprofit alors que ce n'est qu'un profit».
L’entreprise, qui a vu son chiffre d’affaires tripler sur un an au premier semestre 2022, alors que la Russie venait d’envahir l’Ukraine, avait annoncé par le biais de son directeur financier Jean-Pierre Sbraire, en octobre 2022, qu’elle serait affectée par cette nouvelle taxe européenne dans six pays à hauteur d’un milliard d’euros : France, Allemagne, Belgique et Luxembourg principalement pour ses activités de raffinage ainsi que les Pays-Bas et le Danemark pour ses activités de production et d’extraction.
33 milliards de dollars à l'échelle mondiale
Contrairement à ExxonMobil, qui a saisi la Cour de justice de l’Union européenne pour tenter d’éviter d’avoir à payer ce nouvel impôt, TotalEnergies ne contestera pas ce dispositif, a assuré Patrick Pouyanné, précisant néanmoins en tirer les conséquences. «Au Royaume-Uni [où le taux de taxation de TotalEnergies est passé de 45 à 80% selon le PDG, NDLR], nous investirons moins», affirme-t-il. Le dirigeant dit avoir dû s’acquitter de 33 milliards de dollars de «taxes sur les superprofits» à travers le monde en 2022.
Pour rappel, la Commission européenne avait décidé de cette contribution de solidarité qui concerne les groupes énergétiques en septembre 2022. Elle ambitionnait de réorienter les recettes vers les consommateurs d’énergie «notamment les ménages vulnérables, les entreprises durement touchées et les industries à forte intensité énergétique». L'institution précisait également que la contribution «serait perçue par les Etats membres sur les bénéfices de 2022 excédant de plus de 20% les bénéfices moyens des trois années précédentes, à un taux d'au moins 33%».
Outre TotalEnergies, d'autres énergéticiens ont également été contraints de passer à la caisse. Le pétrolier anglo-néerlandais Shell estime quant à lui le coût de cette contribution exceptionnelle à 2 milliards de dollars, quand le français Engie évoque de son côté «un impact de 1,2 à 1,5 milliard d'euros sur [son] résultat opérationnel» en 2023.



