Total dit ce qu’il fait et fait ce qu’il dit. Même en matière de climat. Quand la transition énergétique n’était qu’une opportunité de développement économique, Total ne s’en cachait pas, même si la major n’aimait pas forcément trop qu’on le lui rappelle. Sous la contrainte, autant sociétale et environnementale qu’économique.
Total a annoncé en juin 2020 viser la neutralité carbone dans en Europe sur les scopes 1, 2 et 3 (opérations, énergies et produits) et dans le monde sur ses scopes 1 et 2 (opérations et énergies) uniquement, avec une étape de réduction de ses propres émissions pour les ramener à 45 millions de tonnes en 2025.
Après la chimie verte

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3 Avril 2026
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3 Avril 2026
Gazole France HTT€/litre
Un objectif ambitieux. Pas question de lambiner. Total multiplie depuis les annonces et les investissements, dans un projet de capture et stockage de CO2 sous-marin en Norvège et la production d’énergies renouvelables (éolien en mer flottant au Royaume-Uni ou en Corée, solaire en Espagne…), ce qui lui permet d’avancer sur le scope 3, mais pas seulement.
Le groupe a aussi annoncé le 24 septembre qu’il allait arrêter sa raffinerie de Grandpuits (Seine-et-Marne) en mars 2020 pour la convertir d’ici à 2024 à la chimie verte, avec production de biocarburant pour l’aérien et le routier, de bioplastiques recyclables, de recyclage chimique de plastique et d’énergie solaire.
Le lendemain, Total annonçait qu’il allait signer avec lui-même le plus important contrat d’achat d’électricité long terme ou « corporate PPA », au monde. Il portera sur plus de 3 gigawatts GW de fermes solaires dont la production couvrira la consommation de l’intégralité de ses sites européens. Cela permettra à Total de réduire les émissions des gaz à effet de serre sur son scope 2 (consommation d’énergie) de près de 2 millions de tonnes par an.
Du solaire pour effacer 2 tonnes de CO2 par an
Pour ce faire, le Français a passé un accord avec le développeur espagnol Ignis pour développer 3,3 GW) de projets solaires à proximité de Madrid et en Andalousie. Ils devraient entrer progressivement en production entre 2022 et 2025. Cette annonce fait suite à deux accords conclus en Espagne en février 2020 avec Powertis et Solarbay Renewable Energy en vue de développer près de 2 GW de projets solaires, et à l’acquisition, en mai dernier, auprès d’Energias de Portugal de son portefeuille de 2,5 millions de clients résidentiels et de deux centrales à cycle combiné au gaz naturel (850 MW).
Total L’opération porte donc le portefeuille solaire de Total en Espagne 5 GW d’ici 2025. Et c’est un nouveau pas pour Total dans son ambition d’entrer dans le top 5 mondial des producteurs d’énergies renouvelables.



