Et les vainqueurs sont… le groupe franco-italien Thales Alenia Space et la start-up franco allemande The Exploration Company. A l’occasion de la première journée du conseil spatial européen qui se tient à Bruxelles les 22 et 23 mai, l’ESA a révélé le nom des deux sociétés privées qui ont remporté son appel d’offres concurrentiel en vue de fournir un service de transport de fret pressurisé vers et depuis la station spatiale internationale (ISS).
«Les véhicules de service devront desservir la station internationale à partir de 2028. Ils pourront être utilisés pour d’autres stations futures et potentiellement être modifiées pour transporter un équipage», précise l’agence spatiale européenne dans un communiqué de presse diffusé à cette occasion.
C’était l’un de ses engagements pris au sommet spatial de Séville de novembre 2023. Au total l’agence a réceptionné sept offres. Deux autres candidatures sont encore en cours d’examen. Grâce à ce nouveau service, l’Europe envisage de pouvoir transférer vers l’ISS entre 12 et 15 tonnes de cargo tous les 3 ans. «Cela renforce l’indépendance de l’Europe dans le domaine des opérations réalisées en orbite basse»,se félicite l’ESA. A terme, l'agence envisage également de pouvoir transporter des astronautes et mettre fin à sa dépendance vis-à-vis des agences américaine et russe.
Thales Alenia Space indique avoir signé une première tranche contractuelle de 25 millions d’euros avec l’ESA. La société conjointe entre Thales (67%) et Leonardo (33%) sera responsable du développement initial du véhicule que ce soit au niveau des spécifications, de l’architecture ou de la maturation technologique. «Ce projet offrira à Thales Alenia Space l’opportunité de développer et de proposer un service commercial pour le marché mondial», s’est félicité Massimo Comparini, son directeur des activités d’observation, d’exploration et de navigation.
Favoriser l'agilité et la compétitivité des industriels
Quant à The Exploration Company, start-up basée à Bordeaux (Gironde) et Munich (Allemagne), elle se félicite que l’ESA devienne son client de référence. «En s’imposant à la tête de cet appel d’offres (…), The Exploration Company démontre une nouvelle fois ses capacités techniques et commerciales. Ce contrat constitue également une étape significative pour la certification du véhicule par la Nasa», se réjouit-on du côté de la start-up. La société développe une capsule réutilisable appelée Nyx. En février dernier, l’entreprise a annoncé la réussite des essais de son moteur Huracan de sa future navette réutilisable.
Pour l’agence spatiale européenne, il s’agit d’une nouvelle manière de contractualiser «plus rapide et moins bureaucratique» avec les industriels, directement inspirée des méthodes de la Nasa. L’agence ne va donc pas faire développer un nouveau véhicule spatial en communicant ses spécifications techniques aux industriels mais leur achètera directement une prestation de service. Selon elle, cette démarche favorise la compétitivité et l’agilité des industriels. Cette démarche dénote également l’ambition de l’ESA de rester un acteur principal de l’exploration spatiale même après la mise à la retraite de l’ISS prévue en 2030.
Cette première journée du conseil spatial a permis également d’annoncer les 10 premiers signataires d’une charte "zéro-débris" afin de promouvoir un espace exo-atmosphérique durable. Il s’agit de l’Autriche, la Belgique, la Bulgarie, Chypre, l’Estonie, l’Allemagne, la Lituanie, le Portugal, la Slovaquie et la Suède. «Plus d’une centaine d’organisations ont annoncé leur intention de signer la charte dans les prochains mois», souligne l’agence européenne.



